
"Il y a eu un vote clair sous contrôle des militants et de la presse" qui a dégagé une "majorité claire" : François Hollande, dont la motion a obtenu une majorité de 54,6% du vote des militants, a refusé jeudi soir de participer au débat sur la contestation des résultats du scrutin. Interrogé sur France 2, le numéro 1 du PS, a ajouté : "je souhaite que les socialistes ne donnent pas cette image d'eux-mêmes", "moi je ne participerai pas de ce débat". "Ce qui intéresse les Français, ce sont les propositions des socialistes qui peuvent être faites pour, dans la crise actuelle, face à une droite qui échoue, donner de l'espérance à notre pays", a-t-il ajouté, "je n'ai pas d'autre priorité".
S'adressant à tous les militants de son parti, François Hollande a souhaité "un rassemblement le plus large possible". "J'y suis prêt", a-t-il assuré en précisant nettement : "à la condition qu'on reste sur la clarté qu'ont voulue les militants, avec tous les militants, à la condition qu'on respecte le vote des militants". "Tout est ouvert", a-t-il ajouté, mais "autour de la majorité claire qui s'est dégagée", c'est à dire autour des propositions de la motion 1 dont il était le premier signataire. "J'ai toujours voulu l'unité des socialistes", a affirmé François Hollande, "c'est encore plus nécessaire aujourd'hui contenu de la situation du pays". Sur cette dernière question, le député-maire de Tulle a qualifié de "mesure lourde" la décision du gouvernement d'instaurer l'état d'urgence et de permettre le couvre-feu. "Il faut que le gouvernement use" de ces nouvelles dispositions, dont le couvre-feu, "avec discernement", a-t-il ajouté en reconnaissant qu'il "faut de la fermeté" tout en regrettant qu'il ait "manqué le dispositif social, le dispositif de justice".
Les Fabiusiens contestent... et font leur propre décompte
Jeudi matin, le sénateur Jean-Luc Mélenchon, signataire de la motion de Laurent Fabius, a affirmé qu'il "ne croyait pas au résultat" du vote des militants socialistes sur les motions, qui a été, selon lui, "arrangé". Il a ajouté sur Canal+ qu'il y avait eu "triche". "Je ne crois pas à ce résultat qui est un résultat arrangé avec des exemples que nous pourrons donner", a-t-il dit, en parlant de "situation grave". Selon lui, "il y a le doute dans des endroits clés".
Vendredi, à l'appui de cette contestation des résultats, les fabiusiens ont fourni de nouveaux chiffres portant sur l'ensemble des suffrages dans les 102 fédérations du PS : les motions Hollande, NPS et Fabius pour le congrès du Mans recueilleraient ainsi respectivement 53,38%, 23,69% et 21,30%. Les chiffres fournis auparavant par la direction du PS étaient les suivants : la "motion 1" défendue par François Hollande obtiendrait 54,65% des suffrages, le NPS 23,94% et la "motion 2" de Laurent Fabius 19,70%. Quelques dixièmes de points qui, au final, ne modifient pas l'équilibre des forces - si ce n'est que, dans le décompte des fabiusiens, la motion Fabius dépasse la barre des 20%.
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