© INTERNEC'est lors d'un colloque intitulé "Dépendance au tabac : la nécessité d'une loi", qu'il organisait mercredi dans une salle du Palais Bourbon qu'Yves Bur a présenté sa proposition. Ce texte est d'actualité, alors qu'un projet de loi anti-tabac a été présenté la semaine dernière en Grande-Bretagne. Fruit d'un laborieux compromis qui ne satisfait personne, le dispositif britannique ne devrait aboutir qu'à une interdiction partielle de fumer sur les lieux de travail et dans les lieux publics.
Les buralistes dénoncent le "harcèlement" du comité contre le tabac
Le président de la confédération des buralistes, Pascal Montredon, a qualifié de "harcèlement" la demande du CNCT de faire interdire toute publicité pour les cigarettes à l'intérieur des bureaux de tabac.
Publié le 26/10/2010
Selon un observateur à l'Assemblée, ce texte se prête mal à une inscription dans une "niche" parlementaire, plus volontiers réservée à des sujets consensuels au sein des groupes. Il ne devrait donc pas être repris à son compte par l'UMP, et pas davantage par le gouvernement.
Yves Bur avait déjà été l'auteur d'un amendement, adopté jeudi par les députés unanimes, interdisant la détention de plus d'une cartouche de cigarettes. Le but : entraver le trafic aux frontières par des achats massifs de tabac dans des pays limitrophes où il est moins taxé qu'en France. Mais la guerre qu'il mène au tabagisme va au-delà de cette disposition, d'ailleurs réclamée par les buralistes. L'interview de René Le Pape, président de la confédération des débitants de tabac.
TF1.fr : Que pensez-vous de la proposition du député Yves Bur ?
René Le Pape : Pour nous, ce n'est ni le moment, ni la manière. Si j'ai bien compris, Yves Bur avec qui j'ai eu l'occasion de m'entretenir veut faire baisser fortement la consommation de tabac en France. Or il me semble qu'une des priorités est de lutter contre l'apparition d'un immense marché parallèle du tabac, par les ventes transfrontalières et par la contrebande. Et ce sont les jeunes qui sont le plus visés par ces trafics, aux abords des lycées et des collèges. On estime aujourd'hui le poids du marché parallèle à environ 15%. Certes, les députés ont voté un amendement dans ce sens la semaine dernière mais il faut maintenant que le gouvernement fasse appliquer la loi, et cela malgré les risques d'opposition de Bruxelles.
Avant d'avancer des solutions radicales, commençons par travailler sérieusement sur ce qui peut être fait immédiatement. Ainsi, il existe en France une loi contre le tabac, la loi Evin, qui n'est pas convenablement appliquée. Appliquons là déjà rigoureusement dans tous les établissements. De nombreux bars-tabac ont déjà fait des efforts en installant des aérateurs et des extracteurs. Mais il reste beaucoup à faire dans les boîtes de nuit, notamment en direction des jeunes de moins de 16 ans. Par ailleurs, le comportement des fumeurs a changé ces dernières années. Le fumeur est plus courtois qu'avant et demande souvent la permission avant d'allumer une cigarette. L'interdiction est une démarche provocatrice.
TF1.fr : N'allez-vous pas contre la volonté de l'opinion qui souhaite majoritairement l'interdiction du tabac dans les lieux publics, comme en Irlande ou en Italie ?
RLP : Vous savez, il y a d'autres pays qui ont adopté des méthodes plus douces. En Belgique, par exemple, c'est le propriétaire du café qui décide si son établissement va être fumeur ou non. Et puis, sincèrement, laissons au fumeur français ce petit espace de liberté qu'est le bar-tabac qui est une spécificité bien de chez nous. Je ne souhaite pas que, comme en Italie, les débitants fassent la police dans leur établissement et imposent de fortes amendes.
TF1.fr : Vous êtes opposés à l'interdiction mais alors que proposez-vous ?
RLP : Après la polémique récente sur les hausses de prix des cigarettes, il ne faut pas agresser une deuxième fois les buralistes. Je dis depuis plusieurs mois déjà qu'il faut me laisser un peu de temps pour mettre en place un vaste plan de mutation du réseau, avec de nouvelles recettes pour les buralistes. Il s'agit notamment, en réflexion avec l'Etat, de leur proposer des missions de service public : la délivrance, par exemple, de certaines pièces administratives pour des gens qui doivent aujourd'hui faire des dizaines de kms pour se rendre à la préfecture. D'autre part, il s'agit de faire aussi pour les bars-tabacs de la vente de produits culturels comme des DVD et des CD. On réfléchit aussi à des services en matière de parapharmacie (kits de secours, etc ). Il nous faut du calme et de la sérénité pour réfléchir à ce que sera le buraliste du futur.
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