
Alors que selon le rapport de l'IGS, aucun policier ne poursuivait les trois adolescents qui s'étaient réfugiés, le 27 octobre dernier, dans un transformateur de Clichy-sous-Bois, Me Mignard, défenseur du seul rescapé, est catégorique et répète l'information parue dans Libération. "Muhttin a confirmé devant le juge ce que nous disons depuis plusieurs jours à savoir l'existence d'une course-poursuite".
Ce fatal 27 octobre, les trois adolescents avaient pénétré dans l'enceinte d'un local transformateur EDF. Deux d'entre eux étaient morts électrocutés, Muhttin avait pu alerter les secours. La rumeur s'était rapidement répandue que les trois jeunes étaient entrés sur le site pour échapper à la police qui les poursuivait. Mais le 3 novembre, l'Inspection générale des services (IGS) avait affirmé que selon son enquête aucun camarade de Zyed et Bouna n'avait "fait état" d'une telle poursuite. L'IGS avait précisé que Muhttin avait indiqué lors de sa première audition "ne pas avoir vu de policier ni dans leur fuite à travers le bois, ni aux abords du transformateur".
"Si je vais au poste, mon père me renvoie en Tunisie"
Selon Me Mignard, qui est l'un des avocats du jeune homme, Muhttin Altun, 17 ans, interrogé pendant une heure et demi jeudi à l'hôpital Saint-Antoine où il a subi plusieurs opérations, a confirmé au juge Olivier Géron ce qu'il avait dit à ses avocats, "à savoir : 'je revenais du football, nous étions dans le parc [Vincent Auriol], Bouna est arrivé en courant et nous a dit : courez courez".
"Muhttin s'est retourné deux fois avant d'entrer dans le transformateur. La première fois il a vu deux policiers, dont un resté dans une voiture en civil. La deuxième fois, il s'est retourné juste avant de franchir la rue qui sépare le parc de la décharge communale qui jouxte le site EDF, et là il vu un policer en civil avec un flash-ball", poursuit l'avocat.
A l'intérieur du local, les jeunes "terrorisés", "entendent des sirènes et un chien". "Ils sont partagés entre le souci de rentrer chez eux pour rompre le jeûne et la peur de sortir et d'être pris. Ils ont peur d'être pris parce qu'ils n'ont pas leurs papiers d'identité", poursuit Me Mignard. Le jeune Zyed, qui faisait l'objet d'une mesure éducative aurait déclaré : "si je vais au poste, mon père me renvoie en Tunisie". Blessé au bras droit, au dos et aux cuisses, Muhttin a été interrogé en chambre stérile, le juge communiquant avec lui de l'extérieur par interphone.
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Photo d'ouverture : Me Mignard - DR
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