© INTERNEJean-Philippe Bryk, 44 ans, marié et père de 2 enfants a joué tous les jours pendant 10 ans au casino de Vichy et a perdu près de 680 000 euros. Il estime que sa dépendance au jeu a été largement encouragée par le casino et a attaqué le groupe Partouche pour " abus de faiblesse ". Le procès s'est tenu ce lundi devant le tribunal correctionnel de l'Allier.
Son addiction au jeu aurait été entretenue par le casino de Vichy. Il déclare : " J'avais le statut de VIP. On vous met sur un piédestal ". Son avocat, Me Portejoie, ironise qu'il était " le meilleur client de casino. " Facilités de paiements, consommations toujours offertes et relances permanentes ont incité le joueur à se ruiner. Alors chômeur, il signe des chèques sans provisions de 8.000 euros par jour, ne paye plus ses factures et fait plonger toute sa famille dans cet enfer. Il promettait sans cesse à sa femme de décrocher mais sans succès.
Jean-Philippe Bryk souhaitait par ce procès dénoncer le mal de dépendance au jeu encore méconnu. Il estime qu'il était un véritable toxicomane du jeu et que les casinotiers ont leur part de responsabilité. Selon le Parisien, Jean-Philippe Bryk a aujourd'hui arrêté de jouer mais doit encore rembourser 150 000 euros et ne vit plus qu'avec 300 euros par mois. Il a déclaré au quotidien : " j'attends qu'on reconnaisse qu'il y a en France de plus en plus de gens qui tombent dans la dépendance du jeu, sans qu'il y ait de barrières pour les joueurs pathologiques comme moi ". Jean-Phillipe Bryk réclame 77 000 euros en réparation de son préjudice moral et 610 000 euros au titre de son préjudice économique.
"Le groupe Partouche s'est comporté comme des petits voyous à l'encontre de son client", a renchéri dans sa plaidoirie Me Gilles-Jean Portejoie. "Vous avez été négligent, malicieux, par votre passivité au départ, par votre démarche active ensuite : vous avez laissé la dépendance s'installer et ensuite vous avez abusé de sa faiblesse", a estimé l'avocat : "vous n'avez rien fait pour le contraindre à se faire soigner".
La réponse du groupe Partouche est simple : " C'est un adulte qui a joué et qui a perdu en toute connaissance de cause. " Ce procès est une première en France. Très attendu, le verdict pourrait constituer un précédent fâcheux pour les maisons de jeu. Le tribunal de grande instance de Cusset rendra son jugement le 16 janvier 2006.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




