
Mohamed Al-Joundi, ancien assistant des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot pris en otage en Irak, a entamé une procédure contre l'Etat français qui, selon lui, n'a pas tenu ses promesses, a indiqué son avocat Maître Gilbert Collard. Selon RTL, qui a révélé l'information lundi matin, il réclamerait 150.000 euros de réparations. Il s'agit pour lui "d'obtenir des dommages et intérêts consécutifs au préjudice qu'il a subi du fait qu'il a dû rendre service aux services secrets, rentrer en France et tout abandonner en Irak", a simplement indiqué pour sa part Me Collard. Après sa libération en effet, il avait quitté l'Irak afin d'aider les services secrets à libérer les deux journalistes, sans contrepartie, a rappelé RTL.
Mohamed Al-Joundi, qui vit aujourd'hui dans un deux pièces du XIXe arrondissement de Paris avec sa femme et ses trois enfants, était l'assistant des deux journalistes français quand ces derniers avaient été pris en otage le 20 aot 2004 au sud de Bagdad, en Irak. Enlevé avec les deux journalistes français, Mohamed Al-Joundi avait été retrouvé le 11 novembre à Falloujah par des soldats américains qui l'avaient interrogé pendant plusieurs jours avant de le libérer le 17 du même mois.
"Tout ce qu'il demande c'est un HLM et le RMI"
Selon Me Collard, "on lui avait promis de le faire vivre dans des conditions décentes et il se trouve qu'il n'a même pas à l'heure actuelle le revenu minimum d'insertion". "On lui avait promis de lui donner une vie modeste mais décente. Tout ce qu'il demande c'est un HLM et le RMI", a ajouté Me Collard. L'avocat a précisé que le Trésor public avait été assigné pour obtenir que l'Etat paye.
Mohamed Al-Joundi s'était déjà plaint de sa situation matérielle au mois de juin. Chesnot et Malbrunot avaient écrit au Président de la République pour lui parler du sort d'Al-Joundi. Selon Christian Chesnot, qui assure lui apporter une aide financière, il bénéficie de "430 euros par mois", notamment grâce à l'association France Terre d'asile, qui lui verse 200 euros tous les 15 jours. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattei, avait souligné à cette occasion que l'assistant des journalistes français s'était vu octroyer assez rapidement le statut de réfugié politique, ainsi qu'une aide matérielle.
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