© (AFP/PHILIPPE HUGUEN)Le couvre-feu imposé dans le quartier de La Madeleine à Evreux, qui était le plus strict instauré en France pour faire face aux violences urbaines, est levé à compter de mercredi, a annoncé mardi la préfecture de l'Eure. Ce couvre-feu était le seul imposé aussi bien aux moins de 16 ans, comme dans les autres villes concernées, qu'aux plus de 16 ans, interdits de circulation de 22H00 à 06H00.
Retour au calme
Il avait été instauré le 9 novembre pour une durée de 12 jours, après de très violents incidents à la Madeleine dans la nuit du 5 au 6 novembre. Depuis, aucun incident n'a été signalé. Les autres mesures adoptées par le préfet de l'Eure le 9 novembre demeurent en vigueur: interdiction sur l'ensemble de la commune d'Evreux des "réunions ou attroupements de nature à provoquer ou entretenir le désordre" et interdiction de la vente au détail de carburant sur l'ensemble du département.
Le retour au calme s'est confirmé dans la nuit de lundi à mardi dans les banlieues françaises où 215 véhicules ont été incendiés et 71 interpellations ont été enregistrées, selon un bilan de la direction générale de la police nationale. La DGPN n'hésite pas à parler d'"un retour à une situation quasi-normale", soulignant que "sept communes seulement, dont Paris (13) et Lille (11), comptent plus de cinq véhicules brûlés". "Ailleurs on observe une forte dissémination de ces incendies, dont le lien avec les violences urbaines n'est pas toujours avéré", explique la police. Il y a eu 60 véhicules détruits en Ile-de-France (68 la veille) et 155 en province (216) la veille. Il n'y a pas eu d'affrontement majeur entre les fauteurs de troubles et les 11.200 policiers et gendarmes engagés. Parmi les faits marquants de cette nouvelle nuit d'émeutes urbaines, la police a recensé le jet de trois cocktails Molotov contre la façade d'une mosquée à Saint-Chamond (Loire) occasionnant de légers dégâts.
"Reconnaissance"
Plus tôt dans la soirée, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, était allé rencontrer les policiers de Seine-Saint-Denis à Bobigny pour rendre hommage au travail qu'ils accomplissent pour faire face aux émeutes urbaines de ses dix-huit dernières nuits, avait indiqué son entourage. Le ministre leur a témoigné de sa "reconnaissance", les remerciant pour leur action "menée dans des conditions difficiles", a-t-il souligné, selon son entourage, et a pu dialoguer avec eux "dans un climat détendu".
Auparavant, un gardien de la paix placé en détention provisoire après sa mise en examen pour des coups portés à un jeune homme de 19 ans à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) avait été libéré lundi par la cour d'appel de Paris. Mis en examen avec un de ses collègues pour "violences commises par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions en réunion", il reste soumis à un contrôle judiciaire. Le jeune homme en question a été arrêté samedi pour des jets de projectiles présumés sur des pompiers dans la cité du Gai-Logis, au Bourget (Seine-Saint-Denis), où il habite. D'après AFP
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