
Militants associatifs et collectifs d'habitants organisent depuis quelques jours, essentiellement dans les villes touchées par les violences urbaines, des marches et rassemblements appelant au retour au calme mais demandant aussi qu'on se préoccupe davantage des banlieues. Samedi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Paris à l'appel de plusieurs associations contre "les lois d'exception" et les "discriminations" à l'égard des banlieues et des Français d'origine étrangère. "Oui à la paix, mais il n'y aura pas de paix dans les quartiers sans justice et égalité!", a lancé aux manifestants le secrétaire général du mouvement de lutte contre le racisme MRAP, Mouloud Aounit.
Quelque 350 personnes ont également manifesté silencieusement à Stains, en Seine-Saint-Denis, pour dire "non à la violence, à toutes les violences y compris celles ayant rendu la situation si explosive". Les marcheurs ont rendu hommage à Jean-Jacques le Chenadec, victime d'une agression mortelle le 4 novembre dans cette ville. A Auby, dans le Nord, ce sont plusieurs centaines d'habitants, dont beaucoup de parents accompagnés d'enfants, qui ont ainsi tourné en silence, "pour montrer leur désolation", autour de la médiathèque municipale incendiée et détruite trois jours plus tôt. Une marche contre les violences urbaines a réuni 300 habitants de Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle) à l'appel de la mairie pour protester contre les incendies volontaires allumés en début de semaine dans cette ville de 9.000 habitants proche de Longwy.
Dénoncer discriminations et exclusions
Des Toulousains sont également descendus dans la rue samedi, à l'appel d'un "collectif anti-discrimination et contre les lois d'exception", regroupant associations, syndicats et partis, pour une marche de solidarité entre le Mirail, quartier particulièrement touché par les violences, et la mairie. Quelque 350 personnes ont participé à cette marche pour dénoncer discriminations et exclusions mais l'utilité de l'initiative a laissé sceptiques nombre d'habitants du Mirail qui se sont contentés de regarder passer les manifestants. Dès mercredi, toujours à Toulouse, une trentaine d'habitants du quartier sensible de la Reynerie et des militants associatifs étaient allés dans les rues les plus touchées par la violence, en "mobilisation citoyenne" pour "dire aux petits jeunes de rentrer chez eux et dire aux policiers de se retirer".
Vendredi, à Evreux (Eure), quelque 200 personnes participaient à une "marche contre la violence" dans le quartier de la Madeleine. Au Mans, une centaine de personnes se rassemblaient devant la préfecture à l'appel d'un collectif de jeunes des cités. T-shirt blanc frappé de l'inscription "Français aussi", ils appelaient à l'apaisement mais demandaient aussi "respect et dignité pour tous". A Montpellier, 500 personnes environ, essentiellement des fidèles de la mosquée de la Paillade, participaient à une marche silencieuse dans ce quartier sensible. A Paris, enfin, quelque 300 personnes se sont rassemblées, toujours vendredi, devant le Mur de la Paix du Champ-de-Mars à l'appel d'un "collectif banlieues-respect" pour dénoncer autant "la violence institutionnelle des forces de l'ordre et du gouvernement" que les violences urbaines.
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Photo d'ouverture : marche pour l'apaisement à Toulouse, samedi - DR
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