
Magali Rossi est accusée d'avoir tué un jeune boulanger lors d'un braquage en août 2002 à Saint-Just-Saint-Rambert. Sylvain Betrix avait 22 ans. Le montant du butin s'élevait à une trentaine d'euros. L'avocat général André Merle a requis jeudi devant la cour d'assises de la Loire une peine de 25 ans de réclusion criminelle à l'encontre de la jeune femme de 34 ans, poursuivie pour "vol accompagné ou suivi de violences ayant entraîné la mort".
"Pas l'ombre d'un doute"
"Elle a pris tous les risques, un homme est mort. Sa personnalité est inquiétante, elle est impulsive, opportuniste", a affirmé le magistrat à propos de Magali Rossi. Il a souligné que le braquage était un "projet collectif". Il a requis 10 ans d'emprisonnement à l'encontre d'Anne-Sophie Royol, ancienne compagne de Magali Rossi, qui l'attendait dans la voiture le 3 août 2002, quand cette dernière commettait le braquage mortel. Il a estimé que sa "complicité" ne faisait "pas l'ombre d'un doute".
Concernant la troisième accusée, Emilie Després, poursuivie pour "destruction de preuve", le représentant du ministère public a demandé une peine de deux ans d'emprisonnement, dont une partie ferme aménageable (pas plus d'un an). "C'est le maillon faible" de ce trio, a estimé André Merle à propos de la jeune femme, âgée de 19 ans au moment des faits, ancienne compagne de Magali Rossi, qui vivait dans l'appartement que cette dernière partageait avec Anne-Sophie Royol à Saint-Etienne. Il a estimé qu'Emilie Després, qui avait dénoncé les faits aux gendarmes deux mois après les faits, en octobre 2002, ne l'avait pas fait "par civisme" mais à la suite du vol de son chéquier par les deux autres jeunes femmes.
L'avocat général a comparé le quotidien des trois co-accusées avec celui du jeune boulanger tué, Sylvain Betrix, et de sa femme: d'un côté, "on ne travaillait pas et on ne cherchait pas vraiment à travailler", d'un autre "on se levait tôt", a-t-il dit. "Ces deux France qui se sont confrontées, vous direz celle qu'il convient de protéger et celle qu'il convient de réprimer", a poursuivi l'avocat général. Par votre verdict, "peut-être permettrez-vous à cette famille d'entreprendre son difficile travail de deuil", a conclu l'avocat général, en désignant à la cour les parents et la veuve de la victime sur le banc des parties civiles. Le verdict est attendu vendredi en fin d'après-midi.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




