
Quelque 127.000 adhérents du PS choisissent mercredi la ligne politique de leur parti, celle que devra défendre leur candidat à l'Elysée en 2007 et que devra avaliser le congrès du Mans dans dix jours malgré de profondes divisions. Du résultat, dont les premières tendances devraient se dégager autour de minuit mercredi, dépend le maintien du Premier secrétaire François Hollande et de la direction qui l'entoure : Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, parmi d'autres.
Cinq motions d'orientation se disputent les suffrages. Outre les "petites" motions, celles d'Utopia et du socialiste libéral Jean-Marie Bockel, trois grandes forces sont en présence : M. Hollande et les siens, Laurent Fabius et ses alliés dont l'ancien ministre Jean-Luc Mélenchon, le Nouveau Parti socialiste du trio Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Henri Emmanuelli.
"Réorienté à gauche"
La campagne interne a perpétué le clivage du référendum sur la Constitution européenne. Le numéro un du PS avait fait campagne pour le oui au référendum, alors que M. Fabius et le NPS, aujourd'hui prêts à constituer une nouvelle direction s'ils recueillent la majorité, avaient choisi le non. François Hollande a appelé les militants, lundi à Lyon, à "voter massivement et à dégager une majorité claire". Dès lors, "c'est autour de nous que le rassemblement devrait se faire" afin de préparer dans les meilleures conditions la présidentielle de 2007, a-t-il ajouté. Pour lui, le salut passe par "un discours de vérité". Pas question donc de céder à "la surenchère à gauche" et d'abandonner le rôle de pivot de la gauche qu'est le Parti socialiste.
Selon M. Fabius et le NPS, le PS doit au contraire être "réorienté à gauche". "On ne peut rassembler la gauche que sur une ligne de gauche", a répété l'ex-Premier ministre au long de la campagne. Faisant référence à l'échec de Lionel Jospin à la présidentielle et à la large victoire du non au référendum, M. Fabius a réaffirmé cette semaine que "le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005 ne sont pas des accidents". . "Si, au soir du congrès, les électeurs voient que rien n'a changé, ni l'orientation, ni les pratiques, ni les équipes, je crains que l'impact du Mans soit désastreux", estime Vincent Peillon.
Optimisme de circonstance
Les trois principaux camps affichent chacun un optimisme de circonstance. "On se bat pour faire plus de 50%. Ce n'est pas inatteignable", estime Stéphane Le Foll, secrétaire national à la coordination. Lors de son dernier déplacement, lundi dans le Pas-de-Calais, M. Fabius s'est déclaré "assez confiant", car "les militants ne vivent pas en vase clos, ils entendent ce que disent les gens". "L'impact de nos arguments a progressé dans le parti", assure Benoît Hamon, porte-parole du NPS.
Le premier secrétaire a un autre atout considérable : le contrôle des deux tiers des fédérations du parti, à commencer par les plus grosses (Pas-de-Calais, Bouches-du-Rhône, Paris, Hérault). De tous côtés, on estime que l'issue du scrutin dépend de la participation des adhérents les moins engagés et qu'un afflux massif aux urnes servirait la direction.
D'après AFP
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