Nouveaux renforts policiers en Seine-Saint-Denis

le 03 novembre 2005 à 20h57 , mis à jour le 03 novembre 2005 à 22h28

Un millier d'hommes ont été déployés jeudi soir dans le département pour tenter de prévenir de nouvelles violences. Depuis la mort de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, les émeutes se sont succédé, s'étendant au-delà de Seine-Saint-Denis : pas moins de 315 véhicules ont brûlé dans la seule nuit de mercredi à jeudi.

[Expiré] [Expiré] Septième nuit de violences © AFP / Thomas Coex

Jeudi soir, un dispositif de sécurité de 1.000 hommes était en place en Seine-Saint-Denis pour tenter d'éviter une nouvelle nuit de violences. Selon la préfecture, les forces de l'ordre devaient se déployer notamment autour des "concessionnaires automobiles, des centres commerciaux et de tout ce qui ressemble à un établissement public". Par ailleurs, par "mesures de sécurité", le trafic des bus était en grande partie interrompu, ainsi que la circulation du tramway T1 (entre Saint-Denis et Noisy-le-Sec), après que deux bus eurent été caillassés à Stains. En une semaine, la police a effectué 143 interpellations, selon le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s'exprimant au Sénat. "Nous appliquerons la loi afin que la police soit la bienvenue partout sur le territoire de la République française", a-t-il affirmé dans des réponses très musclées.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, en Seine-Saint-Denis, quatre tirs à balles réelles contre des policiers et des pompiers ont été comptabilisés, selon le préfet Jean-François Cordet, et 177 véhicules, dont deux bus de la RATP, ont été brûlés. Quatre policiers, deux pompiers et trois civils ont été légèrement blessés par des jets de projectiles. De nombreux bâtiments publics et commerces, notamment la préfecture de Bobigny et la caserne des pompiers à Clichy, ont été la cible d'attaques. Une vingtaine de communes sur les 40 du département ont été le théâtre de violences urbaines. C'est à Aulnay-sous-Bois que les violences ont été les plus spectaculaires : des jeunes gens ont fait une incursion dans le poste de police du Gallion, fermé la nuit, près de la cité des 3.000. Dans ce même quartier, trois journalistes de France 2 ont abandonné leur voiture quand des dizaines de jeunes encagoulés ont surgi en les menaçant. Peu après, leur voiture brûlait. Une équipe de TF1 a également été prise à partie et leur caméra dérobée.

135 interpellations en Seine-Saint-Denis depuis le début des troubles

Cétait la septième nuit de violences en banlieue parisienne depuis la mort accidentelle jeudi à Clichy-sous-Bois de deux mineurs qui s'étaient réfugiés dans un transformateur EDF, croyant être poursuivis par la police. Les quartiers à la limite de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil, "berceau" des émeutes il y a près d'une semaine, ont connu peu de troubles. En revanche, les violences se sont propagées aux départements des Yvelines (27 véhicules brûlés), Hauts-de-Seine (32), Essonne (33), Val-d'Oise (18), Val-de-Marne (13) et Seine-et-Marne (15). Au total, ce sont donc 315 véhicules qui ont été brûlés lors de ces émeutes en banlieue parisienne. 

Sur 135 personnes interpellées en Seine-Saint-Denis depuis le début des troubles, 98 ont été placées en garde à vue. 27 majeurs ont été déférés devant le parquet de Bobigny et 17 incarcérés. 16 mineurs ont également comparu devant un juge des enfants. Le tribunal correctionnel de Bobigny, qui jugeait jeudi onze personnes pour des violences urbaines commises le 1er novembre, a condamné en soirée un jeune homme de 19 ans à deux mois de prison ferme pour "dégradation de bien public" à Villepinte. Deux autres jeunes âgés de 19 et 18 ans, ont écopé respectivement à 2 mois de prison ferme et 3 mois avec sursis. Ils étaient poursuivis pour "violences volontaires avec arme sur agent de la force publique", dans la nuit de mardi à mercredi à Villepinte et au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).


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le 03 novembre 2005 à 20:57
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