OGM : de la prison ferme pour Bové

le 15 novembre 2005 à 14h47 , mis à jour le 15 novembre 2005 à 21h56

L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a été condamné mardi en appel à quatre mois de prison ferme pour un arrachage de maïs transgénique en juillet 2004.

josé bové procès toulouse sept 2005

La cour d'appel de Toulouse a condamné mardi José Bové à quatre mois de prison ferme pour un arrachage de maïs transgénique en juillet 2004 à Menville (Haute-Garonne), et sept autres militants anti-OGM à de la prison avec sursis.

Le député Vert européen Gérard Onesta et le député-maire Vert de Bègles (Gironde) Noël Mamère se voient ainsi condamnés à 3 mois de prison avec sursis, les cinq autres prévenus, tous élus Verts et militants écologistes, à 2 mois avec sursis.

"Des sanctions à la hauteur de la gravité des actes"

Il s'agit des élus municipaux toulousains François Simon (ex-PS) et Pierre Labeyrie (Verts), de l'ancien secrétaire national des Verts Gilles Lemaire, du conseiller régional d'Aquitaine (Verts) Michel Daverat et de Jean-Baptiste Libouban, fondateur du mouvement des Faucheurs volontaires.

Les huit prévenus devront payer un total de près de 100.000 euros de dommages et intérêts aux trois sociétés semencières, dont Pioneer, qui s'étaient constituées parties civiles. Aucune amende n'a été prononcée. Un 9e prévenu, Jean-Aimé Gravas, un agriculteur de 85 ans, n'a pas été condamné en raison de son âge. Le parquet n'avait rien requis à son encontre.

Le semencier Pioneer a salué, dans un communiqué, "des sanctions à la hauteur de la gravité des actes". Pour lui, "il est rassurant pour la recherche agronomique française de voir que les destructions d'expérimentations orchestrées par une minorité ne sont pas tolérées". Son avocat, Me Jean de Cesseau, a également apprécié "une décision courageuse dans ce contexte de manipulation de l'opinion publique (par les anti-OGM)".

"C'est notre devoir de citoyen"

Quelques heures après l'annonce de l'arrêt, Noël Mamère annonçait depuis Paris que tous les élus Verts allaient se pourvoir en cassation, mais le leader paysan José Bové a indiqué à l'AFP qu'il réfléchissait encore à cette possibilité. "Il existe évidemment une volonté très claire des magistrats de réprimer l'action des faucheurs volontaires. Ils espèrent en m'envoyant en prison que ça fera cesser le mouvement", a déclaré par téléphone José Bové, qui peut être à tout moment interpellé après les cinq jours prévus par la loi pour un éventuel pourvoi en cassation.

Loin d'être intimidé, le leader paysan entend continuer ce "combat plus que jamais légitime". "C'est notre devoir de citoyens d'agir de cette manière dans la mesure où tous les recours de droit effectués par les citoyens et les élus sont systématiquement cassés et où le droit ne fonctionne plus", a-t-il ajouté. José Bové conserve toutefois ses droits civiques, le tribunal n'ayant pas prononcé leur suspension.

Lors du procès, les 20 et 21 septembre, le parquet n'avait au contraire requis que des peines de privation de droits civiques, généralement avec sursis, mais un an ferme contre José Bové qui se trouvait en état de récidive légale. L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a notamment effectué 3 mois de prison en 2002 pour le démontage du Mac Donald's de Millau et 6 mois en 2003 pour l'arrachage de riz OGM dans un centre de recherche de Montpellier.

"Les juges, en allant bien au-delà de ce que demandait le procureur, font un choix politique empêchant un vrai débat par rapport aux OGM et à la démocratie", a estimé pour sa part François Simon, seul prévenu présent à l'audience. Au cours du procès, les avocats avaient plaidé la relaxe au nom de l'"état de nécessité" pour les faucheurs, qui avaient tous revendiqué la destruction symbolique d'un épi de maïs. Les Verts de Montpellier ont appelé à se joindre à une manifestation organisée jeudi dans cette ville par la Confédération paysanne, les "Faucheurs volontaires" et Greenpeace pour soutenir José Bové et sept autres militants anti-OGM condamnés à Toulouse. (D'après AFP)

(José Bové lors du procès en septembre/DR)

le 15 novembre 2005 à 14:47
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9 Commentaires

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  • Petros, le 15/11/2005 à 15h59

    Bravo ! Cela donne un signal a ceux qui pensent que la fin justifie les moyens ! Sinon pourquoi metrions nous en prison ceux qui brulent les voitures sachant que les voitures tuent plus que les OGM ! Il reste encore a aretter les detourneurs de navire corses.

  • Thomas, le 15/11/2005 à 15h57

    Normal. La France est un pays democratique, un pays de liberte, mais pas un pays de foutoir. On ne peut pas se permettre de donner l'impression qu'on peut tout faire (en l'espece violation de la propriete d'autrui). Jose Bove, quelle que soit la sincerite de son engagement politique a agi comme un bruleur de voiture, il paye, normal.

  • Dominique, le 15/11/2005 à 15h39

    Une sage décision : on ne voit pas pourquoi José Bové,quelles que soient ses motivations,bénéficierait du "non droit" dont on parle tant aujourd'hui. Nous attendons maintenant les condamnations des terroristes du syndicat des travailleurs corses qui ont "détourné" le paquebot de la SNCM, il n'y a pas si longtemps Liberté et...égalité pour tous, devant la justice !

  • Laurent, le 15/11/2005 à 15h39

    Fini l'impunité ! Bové ne fait que récolter ce qu'il a semé

  • EN, le 15/11/2005 à 15h38

    J'espère qu'ils vont lui donner du maïs comme repas !

  • Pito, le 15/11/2005 à 15h21

    Très bien!! Que la raison soit bonne ou non, il est grand temps que ce genre d'agissements soit puni. Et peut être qu'un jour, à tous les niveaux, les fauteurs de trouble se rendront compte que le respect de la loi, le respect du travail et le respect des autres en général ne peut pas être baffoué impunément!

  • Zemountainman, le 15/11/2005 à 15h17

    Au milieu de cette actualité déprimante, enfin une bonne nouvelle ! Allons, tout n'est peut-être pas perdu ... José en taule : quelle belle journée !

  • Cédric, le 15/11/2005 à 15h08

    Par les temps qui courrent c'est très bien. Pourquoi condamnerait on les jeunes casseurs et laisserait on en paix les personnages politiques. Au moins on montre qu'il n'y a pas deux poids deux mesures.

  • JEROME, le 15/11/2005 à 15h04

    Le droit de defendre les gens est mort les empoisonneurs :elus ( ministres deputes et autres , industriels devront repondre des eventuels morts eux et leur progenitures qui profitent de tout cela l'amiente n'a pas suffit maintent c'est les OGM

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