Opérations "ciblées" contre l'économie souterraine

le 14 novembre 2005 à 11h05 , mis à jour le 14 novembre 2005 à 19h38

Convaincue qu'il existe des liens entre les violences urbaine et l'économie souterraine des banlieues, la police a lancé lundi huit opérations "ciblées" en simultanée dans les cités. 43 personnes ont été interpellées.

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Faire tomber les réseaux qui alimentent l'économie souterraine des banlieues et les violences urbaines. C'est désormais l'objectif de la police nationale qui a annoncé, lundi, le lancement de huit opérations de police "ciblées" dans les banlieues. "Nous avons effectué un recensement de toutes les affaires potentielles concernant les cités sensibles qui alimentent l'économie souterraine, parfois liées aux affaires de grande criminalité, telle l'interpellation mercredi de deux personnes près de Toulouse qui convoyaient 600 kilos de cannabis depuis l'Espagne", a-t-on expliqué de source policière. Les investigations menées alors permettaient d'interpeller le lendemain trois autres personnes "chez lesquelles plus de 80.000 euros ont été saisis, dans des cités sensibles de Lyon et de Saint-Etienne où se produisaient des violences urbaines" chaque nuit, a-t-on souligné.

Lundi soir, les huit opérations avaient permis 43 interpellations. Après les opérations de lundi, "nous arrivons à un total cumulé de 98 personnes interpellées dans le cadre de cette action spécifique contre l'économie souterraine dans les cités sensibles" comme celles de Lyon et de Saint-Etienne, a indiqué la DCPJ. Ces dernières illustrent bien, selon la police, les liens entre économie souterraine et violences urbaines dont certaines n'auraient pour but, selon elle, que "de perpétuer les trafics en protégeant les auteurs et leurs complices".

Saisies d'armes et de stupéfiants

Au cours de ces huit opérations ont également été saisis une carabine 9 mm, des armes de poing trafiquées, plusieurs milliers d'euros provenant de trafics divers, du cannabis, une centaine de grammes de cocaïne, de l'héroïne et d'autres drogues diverses. Les principales opérations ont été menées à Metz, dans le Pas-de-Calais et en Haute-Normandie par la police judiciaire assistée des groupes d'intervention régionaux (GIR). D'autres ont eu lieu du côté de Marseille ou en banlieue parisienne. En Moselle, 27 personnes ont été placées en garde à vue, après une opération du GIR contre un réseau de trafic de drogue localisé à Bouzonville, selon le substitut du procureur de Metz, Jean-Pascal Arlaux.

Le directeur de la police nationale, Michel Gaudin, a également indiqué lundi que la police technique et scientifique allait procéder à l'examen des "traces et relevés" ayant pu être mis au jour au cours des dix-huit dernières nuits, sur ou dans "des photos, des projectiles, des caches". Ces éléments permettront "d'identifier les auteurs de violences urbaines en apportant à la justice la preuve que telle ou telle personne a commis des actes délictueux", a souligné Michel Gaudin.

le 14 novembre 2005 à 11:05
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