Outreau : l'abbé Wiel innocenté par les enfants

le 16 novembre 2005 à 19h40 , mis à jour le 17 novembre 2005 à 17h26

Les deux enfants qui accusaient l'abbé Dominique Wiel de viols dans l'affaire de pédophilie d'Outreau se sont rétractés mercredi soir devant la cour d'assises de Paris.

Wiel Outreau prêtre ouvrier et son avocate

Les accusations de viols qui pesaient depuis plus de quatre ans contre l'abbé Dominique Wiel dans l'affaire de pédophilie d'Outreau se sont effondrées mercredi soir avec la rétractation des deux enfants qui le mettaient encore en cause devant la cour d'assises de Paris. Le prêtre ouvrier âgé de 68 ans qui a toujours clamé son innocence avait été condamné en première instance à sept ans de prison pour le viol de trois enfants et des agressions sexuelles sur deux autres. Tour à tour, les deux enfants entendus à huis clos par sont revenus sur leurs accusations, ont indiqué plusieurs avocats lors d'une suspension d'audience.

Le premier garçonnet, Olivier (12 ans), "a reconnu pour la première fois avoir menti", a indiqué l'un des avocats du prêtre, Me Blandine Lejeune. Le second enfant accusateur, Gabriel, a alors été entendu. "Il est venu dire à la barre qu'enfin il pouvait dire la vérité, qu'il se sentait soulagé et que cela faisait des années qu'il portait le poids de son mensonge", a déclaré Me Lejeune. "L'abbé Wiel ne lui a jamais rien fait, il n'est jamais allé chez lui, il a dit comme ses copains", a ajouté l'avocate. Le troisième garçonnet avait déjà commencé à se rétracter lors du premier procès de Saint-Omer en 2004, lors d'un entretien avec une psychologue.

Une accusation encore affaiblie

"Je suis très heureux et surtout pour les enfants car cela aurait été dommage qu'ils continuent à vivre avec un mensonge sur la conscience", a réagi le prêtre ouvrier à l'issue de l'audience, ajoutant "avoir toujours pensé que ce moment viendrait". L'abbé, qui a effectué 30 mois de détention provisoire, a néanmoins critiqué "la façon actuelle de mettre les gens en prison et de réfléchir après".

Ce rebondissement a encore affaibli l'accusation qui soutient cette affaire, essentiellement basée sur la parole des enfants. Une grande partie du dossier s'était déjà effondrée lors du premier procès conduisant à sept acquittements mais également à dix condamnations, dont celles des deux couples qui ont reconnu les faits de viols sur leurs enfants. Les six autres personnes condamnées, dont l'abbé Wiel, ont fait appel et toujours clamé leur innocence, dénonçant une instruction menée entièrement à charge.

Pistes fantaisistes

Avant ce coup de théâtre, la cour a entendu trois autres enfants, dont les deux fillettes du couple Lavier et le fils cadet de l'huissier Alain Marécaux qui a accusé son père d'attouchements sexuels. Contrairement aux deux garçonnets, la fille aînée de Sandrine Lavier a maintenu ses accusations, même les plus délirantes, contre ses parents et d'autres adultes. La fillette, Stéphanie, aujourd'hui âgée de 12 ans, a répété avoir été violée à l'âge de 8 ans par trois hommes, dont son beau-père. Or, la fillette est encore vierge et l'expert médical a assuré que les sévices décrits sont "totalement incompatibles" avec ses constatations médicales.

Stéphanie a également reparlé du viol et du meurtre d'une fillette belge et des viols qu'elle aurait subis dans une ferme en Belgique, deux pistes explorées par les enquêteurs et qui se sont révélées totalement fantaisistes. "C'est du délire", a commenté Frank Berton, conseil de Frank Lavier. Sandrine Lavier a été condamnée à trois ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs, notamment de ses deux filles. Son mari Franck a écopé de six ans de prison pour le viol de sa belle-fille et des agressions sexuelles de quatre enfants.

D'après AFP

(Dominique Wiel/archives/DR)

le 16 novembre 2005 à 19:40
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14 Commentaires

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  • JP, le 17/11/2005 à 20h29

    Chapeau monsieur l'Abbé, à votre place beaucoup réclameraient non pas justice mais vengeance ! C'est peut-être du à une déformation professionnelle mais exigez tout de même une réparation symbolique !

  • Virginie, le 17/11/2005 à 14h49

    Je suis vraiment navre pour l'abbe. Honnetement avant qu'un enfant prolifere de fausses accusations, il faudrait leur faire visiter une prison et leur expliquer ce qui va arriver a la personne qu'il condamne. Bien sur insister sur le point que c'est le bon endroit pour les adultes qui touchent sexuellement aux enfants. Leur dire aussi que mentir peut les conduire ici.

  • Julieg, le 17/11/2005 à 10h57

    On le sait il y a toujours eu des erreurs judiciaires (heureusement que la peine de mort est abolie), c'est evidemment dramatique pour les accusés à tort mais on sait aussi, que bien souvent dans les histoires de viol ce n'est que la parole de la victime qui fait foie, alors doit-on mettre en doute celle-ci juste parcequ'il n'y a pas de témoins... il n' y a plus de doute sur le fait qu'il y a eu des mensonges dans cette affaire mais il ne faut pas oublié que ce sont des enfants traumatisés qui ont dû témoigner des horreurs vécues. Peut-être par contre que l'enquête aurait due être plus minutieuse...

  • Pierre, le 17/11/2005 à 09h05

    Je suis tres content pour l'Abbé qui a toujours dit qu'il etait innocent !! Et il faut arreté de croire que tous les pretres, abbés, moines etc... sont des pedophiles (ok, l'eglises a connu des pb avec certains pretres mais heureusement ils ne représentent qu'une infime minorité).

  • Rde, le 17/11/2005 à 08h47

    Vu le terrorisme judiciaire de notre époque moderne . Il ne faut jamais laisser des adultes seuls avec des enfants. Car le chantage est devenu aussi courant que le brigandage au 17 eme siècle . A chaque époque sa croix . Quand aux curés , je vois difficelemnt comment des gens simples et d'inclinaison sexuelle normale peuvent concilier abstinence et vie communautaire au mieux la veuve poignée peut -elle faire preuve de seconde epouse . Et sans contredire notre prophète Benoit le 16 em , la société chtretienne actuelle ressemble plus a une vaste entreprise d'extermination ethnique qu'a une société visant a soutenir une demarche de foi .

  • Avan, le 17/11/2005 à 08h44

    Comment vont faire les enfants pour payer? les parents? Racheter la vie d'un prêtre et d'autres personnes? Les dégâts provoqués à L'Eglise? Ce seera dûr, pour eux... Avan

  • ROBERT, le 17/11/2005 à 08h34

    Ce procès est scandaleux. Le juge d'instruction qui a mené cette procédure a - paraît-il été déplacé?avec une promotion ?? Alors que son incompétence aurait mérité selon moi une sanction administrative exemplaire suivie d'une radiation des cadres de la magistrature.

  • Bon, le 17/11/2005 à 07h49

    C'est quant même effrayant d'imaginer qu'il suffit qu'un voisin vous accuse des pires crimes pour que la justice se mette en branle vous mette en prison sans la moindre preuve je comprends qu'on protege les enfants mais le meilleurs moyen d'eviter que ce genre de chose se reproduise serait quant même que les responsables de ce gachi qu'ils soient membre de la police ou de la justice soit severement sanctionnés. Pour le moment on a indemnisé avec l'argent du contribuable, promus le juge d'instruction et c'est tout. Ce n'est pas digne d'un pays qui se permet de donner des leçon en matiere de droits de l'homme.

  • Muriel, le 17/11/2005 à 05h03

    Ce qui me sidere c'est qu'on n'ait pas examine la gamine des ses premieres accusations et que, meme apres l'examen qui a prouve les accusations fausses, on ose encore trainer ces gens en justice

  • Greg, le 17/11/2005 à 00h04

    Pauvre enfant, ce sont eux les victimes, il ne faut pas l'oublier. ils ont bel et bien été violés, il y a des preuves physiques pour cela. C'est encore plus triste qu'ils aient été manipulés par la suite...

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