
Les accusations de viols qui pesaient depuis plus de quatre ans contre l'abbé Dominique Wiel dans l'affaire de pédophilie d'Outreau se sont effondrées mercredi soir avec la rétractation des deux enfants qui le mettaient encore en cause devant la cour d'assises de Paris. Le prêtre ouvrier âgé de 68 ans qui a toujours clamé son innocence avait été condamné en première instance à sept ans de prison pour le viol de trois enfants et des agressions sexuelles sur deux autres. Tour à tour, les deux enfants entendus à huis clos par sont revenus sur leurs accusations, ont indiqué plusieurs avocats lors d'une suspension d'audience.
Le premier garçonnet, Olivier (12 ans), "a reconnu pour la première fois avoir menti", a indiqué l'un des avocats du prêtre, Me Blandine Lejeune. Le second enfant accusateur, Gabriel, a alors été entendu. "Il est venu dire à la barre qu'enfin il pouvait dire la vérité, qu'il se sentait soulagé et que cela faisait des années qu'il portait le poids de son mensonge", a déclaré Me Lejeune. "L'abbé Wiel ne lui a jamais rien fait, il n'est jamais allé chez lui, il a dit comme ses copains", a ajouté l'avocate. Le troisième garçonnet avait déjà commencé à se rétracter lors du premier procès de Saint-Omer en 2004, lors d'un entretien avec une psychologue.
Une accusation encore affaiblie
"Je suis très heureux et surtout pour les enfants car cela aurait été dommage qu'ils continuent à vivre avec un mensonge sur la conscience", a réagi le prêtre ouvrier à l'issue de l'audience, ajoutant "avoir toujours pensé que ce moment viendrait". L'abbé, qui a effectué 30 mois de détention provisoire, a néanmoins critiqué "la façon actuelle de mettre les gens en prison et de réfléchir après".
Ce rebondissement a encore affaibli l'accusation qui soutient cette affaire, essentiellement basée sur la parole des enfants. Une grande partie du dossier s'était déjà effondrée lors du premier procès conduisant à sept acquittements mais également à dix condamnations, dont celles des deux couples qui ont reconnu les faits de viols sur leurs enfants. Les six autres personnes condamnées, dont l'abbé Wiel, ont fait appel et toujours clamé leur innocence, dénonçant une instruction menée entièrement à charge.
Pistes fantaisistes
Avant ce coup de théâtre, la cour a entendu trois autres enfants, dont les deux fillettes du couple Lavier et le fils cadet de l'huissier Alain Marécaux qui a accusé son père d'attouchements sexuels. Contrairement aux deux garçonnets, la fille aînée de Sandrine Lavier a maintenu ses accusations, même les plus délirantes, contre ses parents et d'autres adultes. La fillette, Stéphanie, aujourd'hui âgée de 12 ans, a répété avoir été violée à l'âge de 8 ans par trois hommes, dont son beau-père. Or, la fillette est encore vierge et l'expert médical a assuré que les sévices décrits sont "totalement incompatibles" avec ses constatations médicales.
Stéphanie a également reparlé du viol et du meurtre d'une fillette belge et des viols qu'elle aurait subis dans une ferme en Belgique, deux pistes explorées par les enquêteurs et qui se sont révélées totalement fantaisistes. "C'est du délire", a commenté Frank Berton, conseil de Frank Lavier. Sandrine Lavier a été condamnée à trois ans de prison avec sursis pour corruption de mineurs, notamment de ses deux filles. Son mari Franck a écopé de six ans de prison pour le viol de sa belle-fille et des agressions sexuelles de quatre enfants.
D'après AFP
(Dominique Wiel/archives/DR)
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