© AFP, Denis CharletDaniel Legrand, a déclaré mardi devant la cour d'assises de Paris qu'il attendait "la fin du cauchemar" depuis son arrestation il y a quatre ans. "Outreau, c'est pas mon coin, moi je suis de Wimereux, ça m'est arrivé de jouer au foot à Outreau, c'est tout. Je suis innocent", a lancé à la cour le jeune homme de 24 ans, condamné en première instance à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour agressions sexuelles sur mineurs. Les enfants qui l'ont accusé, comme les adultes, Daniel Legrand jure qu'il ne les connaît pas.
L'irruption du nom de Daniel Legrand dans le dossier est une illustration des failles de l'instruction du juge Fabrice Burgaud. Un enfant a d'abord accusé un "Dany qui est grand". Retranscrit par une assistante maternelle, il se transformera en Dany Legrand et les enquêteurs en trouveront même deux, le père et le fils. Daniel Legrand père a été acquitté au premier procès. Le juge d'instruction fait arrêter le père et le fils, car Myriam Badaoui, principale protagoniste du dossier les avait mis en cause. Dany Legrand décide alors de reconnaître les faits pour être libéré. "Je pensais sortir en les accablant", dit-il à propos de ses trois accusateurs, Myriam Badaoui en tête Il reste en prison et cherche alors "le plus gros truc qui lui passe par la tête", ce sera le viol et le meurtre d'une fillette belge par Thierry Delay auquel il aurait assisté. Le magistrat a engagé en janvier 2002, en vain, des fouilles à Outreau pour retrouver le supposé cadavre.
"C'est une histoire de fou"
Plus tard dans la journée, un autre témoin vient pointer les négligences du juge Burgaud : Jeanine Couvelard, mère d'un handicapé mental de 43 ans accusé également en 2002 de sévices par les enfants Delay mais jamais poursuivi par la justice.
En mars 2002, quatre policiers se présentent à son domicile à 06H00 du matin pour arrêter son fils. Celle-ci leur répond qu'elle va monter l'habiller car il ne sait pas le faire tout seul. "Je le rase, je lui coupe sa viande. Quand il va aux toilettes, c'est moi qui m'en occupe sauf le respect que je vous dois", a raconté mardi devant la cour d'assises de Paris cette femme d'une soixantaine d'années. Lorsqu'on lui annonce qu'il s'agit d'une affaire de pédophilie, il lui faut un certain temps pour réaliser. Jeannine Couvelard est alors convaincue qu'"Outreau est une histoire de fou, de malades mentaux". Elle veut être alors entendue par le juge d'instruction Fabrice Burgaud. "Je voulais l'aider, en le voyant (son fils, ndlr), il se serait forcément posé des questions. Je savais que les enfants mentaient". Elle ne sera en fait jamais reçue et Jean-Marc ne sera évidemment pas poursuivi à la suite d'un examen par un psychiatre.
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