Outreau : le procès en appel reporté à lundi

le 02 novembre 2005 à 16h52 , mis à jour le 03 novembre 2005 à 22h22

Le procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau s'est ouvert jeudi devant les assises de Paris mais a aussitôt été reporté à lundi à la demande de l'avocat d'un des accusés. Ce dernier est hospitalisé pour une infection pulmonaire.

Outreau six "innocents" procès en appel © LCI

La cour d'assises de Paris a renvoyé à lundi le procès en appel de l'affaire de pédophilie d'Outreau à la demande de l'avocat d'un des accusés, Thierry Dausque, qui n'a pu être présent à l'ouverture jeudi car il est hospitalisé pour une infection pulmonaire.

Rappel des faits : juin 2004, cour d'assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer : Myriam Badaoui, principale accusée avec son mari Thierry Delay de l'affaire de pédophilie d'Outreau revient sur ses accusations contre treize autres accusés. Un coup de théâtre qui pointe les manquements de l'instruction et les dysfonctionnements de l'appareil judiciaire et qui provoque l'acquittement de sept des accusés. Les "sept acquittés d'Outreau" seront reçus par la suite par le garde des Sceaux et indemnisés.

"Prouver notre innocence"

Six personnes, condamnées en juillet 2004, clament toujours leur innocence. Elles devaient comparaître à partir de jeudi devant les assises de Paris pour le procès en appel. Sandrine Lavier a été condamnée à 3 ans d'emprisonnement avec sursis, l'abbé Dominique Wiel (7 ans), Franck Lavier (6 ans), Thierry Dausque (4 ans dont 1 avec sursis), Daniel Legrand fils (3 ans dont 1 avec sursis) et l'huissier Alain Marécaux (18 mois avec sursis) comparaissent libres. Ils ont tous fait de la détention provisoire, entre deux et trois ans. Deux des accusés -Franck Lavier et le prêtre ouvrier Dominique Wiel- sont jugés pour des faits criminels (viols), les quatre autres pour des infractions correctionnelles (agressions sexuelles, corruption de mineurs).

Ces six accusés n'imaginent pas d'autre issue que leur acquittement dans ce dossier sordide de viols et d'abus sexuels sur des enfants. Deux victimes maintiennent leurs accusations. Le conseil général du Pas-de-Calais, qui représente neuf des enfants victimes, a annoncé qu'il demanderait un "huis clos partiel" comme il l'avait fait lors du premier procès de Saint-Omer en 2004 pour les auditions des victimes.

"Jusqu'au bout on se battra pour prouver notre innocence", prévient Sandrine Lavier tandis que son époux Franck se dit "confiant". Le couple, 28 ans tous les deux, est le seul à avoir résisté au "chaos" d'Outreau qui a fait exploser les familles avec le placement des enfants, divorcer les couples et ruiné ceux qui avaient un peu de biens comme l'huissier Marécaux, contraint de vendre son étude. Le plus âgé des accusés à 68 ans, le prêtre-ouvrier Dominique Wiel attend des assises de Paris la reconnaissance que "tout le monde s'est trompé, les assistantes maternelles, les gendarmes, le juge d'instruction et la cour d'appel de Douai".

Conscient de l'enjeu de cette nouvelle audience, le ministre de la Justice Pascal Clément a souhaité que ce second procès d'Outreau "se fasse à l'image du procès de pédophilie d'Angers, un modèle".

"Une catastrophe judiciaire"

Une centaine de témoins doivent être entendus, dont les enfants victimes, la principale accusatrice, Myriam Badaoui-Delay, mère incestueuse et affabulatrice condamnée à 15 ans de réclusion, et les sept acquittés, solidaires de leurs ex-coaccusés mais aussi impatients de tourner la page. Le témoignage du juge d'instruction Fabrice Burgaud n'a en revanche pas été sollicité, signe que ce second procès ne devrait pas être, contrairement au premier, celui de la justice.

Le magistrat, accusé d'avoir instruit uniquement à charge, est pour la défense le principal responsable de cette "catastrophe judiciaire" qui a envoyé des innocents en prison. "Le procès de l'instruction a été fait à Saint-Omer. Nous espérons que Paris mettra un point final à ce fiasco judiciaire en allant jusqu'au bout de la logique d'acquittement", souligne Frank Berton, avocat de Franck Lavier.

Les six accusés risquent au maximum d'être condamnés à leur première peine, le parquet n'ayant pas fait d'appel incident. Une position très exceptionnelle, considérée comme "un aveu de faiblesse" par la défense.

le 02 novembre 2005 à 16:52
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