© TF1Selon un bilan définitif livré peu avant dix heures samedi matin par la Direction générale de la police nationale, 502 véhicules ont été incendiés et 206 personnes interpellées partout en France dans la nuit de vendredi à samedi. Un bilan en légère hausse par rapport à la nuit précédente (lire l'article), sauf en Ile-de-France, où il est à la baisse (68 véhicules brûlés contre 89 la veille). Lors de cette 16e nuit consécutive d'émeutes urbaines, deux policiers ont été blessés, contre sept la veille. A Carpentras, dans le Vaucluse, la mosquée a été victime vendredi soir de jet d'engins incendiaires, sans qu'aucun lien ait toutefois été établi entre cet acte et le climat de violence actuel (lire article). Si la tendance semble à l'accalmie, les autorités restent néanmoins en alerte ; 12 000 policiers et gendarmes restent ainsi mobilisés chaque nuit.
3000 policiers et gendarmes à Paris
A Paris, depuis vendredi matin et pour tout le week-end, quelque 3.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. Ce déploiement a débuté avec la sécurisation de la cérémonie marquant le 87ème anniversaire de l'armistice de 1918, sur les Champs-Elysées, à laquelle le président Jacques Chirac a assisté vendredi matin (lire l'article). Les lignes de transports en commun menant à Paris, notamment celles du RER, sont "placées sous surveillance" pour prévenir toute tentative de débordements à Paris, a annoncé Michel Gaudin, directeur de la DGPN. Depuis vendredi après-midi, la préfecture a également pris la décision d'interdire "toute réunion de personnes de nature à provoquer ou entretenir le désordre sur la voie et dans les lieux publics", car "des messages diffusés depuis quelques jours par internet et par SMS ont appelé le 12 novembre à des rassemblements dans Paris et à des "actions violentes". "Il n'y a pas de menaces particulières autres que celles contenues dans certains blogs" a toutefois tenu à assurer le DGPN. "Nous sommes tout à fait sereins" même si "nous restons d'une extrême vigilance quant à ce qu'il peut se passer".
Vente de carburant à emporter interdite
Avant cela, le préfet de police, responsable de la sécurité à Paris, avait "demandé le renfort de huit unités mobiles". En outre, a précisé Michel Gaudin, "nous avons fait appel aux écoles de police pour être renforcés" dans le dispositif général. Effectif supplémentaire : "400 à 500 personnels". Le préfet de police de Paris avait par ailleurs interdit, dès jeudi, la vente et le transport de carburant au détail à Paris (lire l'article). Des arrêtés similaires ont été pris en Tarn-et-Garonne, Seine-et-Marne, Val-de-Marne, Val-d'Oise, Drôme, Hérault, Eure-et-Loir, Charente, Landes, Rhône, Loiret, Var, Ain, Ardèche, et à Amiens, Bordeaux, Toulouse, Caen, et Lisieux (Calvados). Samedi, le préfet du Rhône -où 101 voitures ont brûlé dans la nuit de vendredi à samedi) a pris un arrêté interdisant la circulation des mineurs de 22H00 à 06H00 jusqu'à lundi matin dans 11 communes (Lyon, Villefranche-sur-Saône, Givors, Bron, Meyzieu, Rillieux-la-Pape, Saint-Fons, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Villeurbanne). Cinq autres départements ont instauré le couvre-feu pour les mineurs depuis mercredi (Alpes-Maritimes (en partie), Somme (Amiens), Seine-Maritime (Rouen, Elbeuf et Le Havre) et Loiret (six communes dont Orléans)).
Enfin, Muhttin Altun, le troisième jeune qui avait pénétré dans le transformateur EDF de Clichy-sous-Bois où Zyed et Bouna ont trouvé la mort le 27 octobre, a confirmé au juge d'instruction qu'il y avait bien eu "une course-poursuite" (lire l'article). Par ailleurs, cinq des huit policiers de Seine-Saint-Denis, mis en garde à vue pour avoir frappé un jeune homme de 19 ans, lundi à La Courneuve, ou ne pas avoir empêché leurs collègues de le faire, ont été déférés vendredi devant le parquet de Bobigny, l'un étant placé en détention provisoire et les autres sous contrôle judiciaire (lire l'article).
Manifestation à Paris "contre les lois d'exception" Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le calme samedi soir à Paris à l'appel de plusieurs associations contre "les lois d'exception" et les "discriminations" à l'égard des banlieues et des Français d'origine étrangère. "Oui à la paix, mais il n'y aura pas de paix dans les quartiers sans justice et égalité!", a lancé aux manifestants le secrétaire général du mouvement de lutte contre le racisme MRAP, Mouloud Aounit, depuis une estrade sur la place Saint-Michel (Ve). Des sympathisants d'une dizaine d'associations signataires de l'appel, dont MRAP, Act Up, Droits Devants!!, FASTI, F.T.C.R, L.C.R., ATMF, s'étaient réunis sur la place entre 17H et 19H. Ce rassemblement n'entrait pas dans le cadre de l'interdiction de réunion décidée par la préfecture.
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Photo d'ouverture : policiers sur les Champs-Elysées - DR
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