© lci"Si je pouvais me couper une main ou un bras pour revenir en arrière, je le ferais". Pierre, l'adolescent de 15 ans accusé d'avoir tué ses parents et son frère, et grièvement blessé sa soeur dans la maison familiale de Seine-Maritime en 2004, a exprimé ses "regrets" jeudi au premier jour de son procès à huis clos devant le tribunal pour enfant de Rouen.
"Ca s'est passé avec beaucoup d'émotion ... On a tous la gorge serrée, c'est extrêmement difficile", a témoigné Me Arnaud de Saint Remy, avocat de plusieurs membres de la famille dont Marion, la soeur grièvement blessée par Pierre.
"L'air d'un ange"
L'adolescent est passible de 20 ans d'emprisonnement pour trois meurtres et une tentative de meurtre, avec pour circonstances aggravantes qu'il s'agit de membres de sa famille. Il ne risque pas la perpétuité, étant mineur.
Selon l'avocate générale Marie-France Magrin, Pierre - tête blonde, bouille ronde - est "calme", "s'exprime bien" et est "très naturel" quand il répond à la juge. Lors d'une interruption d'audience, elle a précisé que la matinée avait été consacrée à l'environnement familial de l'adolescent qui, durant l'instruction, avait fait état de quelques mauvais traitements de sa mère.
L'examen du massacre de l'adolescent qui avait "l'air d'un ange", selon des témoignages, a été abordé dans l'après-midi avec la lecture du témoignage de Marion. Cette dernière n'assiste pas aux débats "parce que ce serait insupportable".
Le dessin animé "Shrek"
C'était un mercredi dans la maison d'Ancourteville-sur-Héricourt, après le déjeuner, le père était parti au travail, la mère sortie avec le petit frère de 4 ans et la soeur de 11 ans allée à la piscine. Pierre écrivait une rédaction, quand, "d'un seul coup", il eu "l'idée de tuer ses parents". Il a pris le fusil de chasse de son père et s'est installé au salon où il a regardé une cassette du dessin animé "Shrek". Entre 15H00 et 17H30, il a tiré successivement sur sa mère, sa soeur, son petit frère et son père, le dernier a être rentré à la maison. Entre deux exécutions, il retournait regarder la télévision.
Les psychiatres ont conclu qu'il souffrait au moment des faits "d'une altération importante de ses facultés mentales" mais pas "d'abolition de son discernement". Pierre, détenu dans le quartier des mineurs de la prison Bonne nouvelle à Rouen, est arrivé au palais de justice caché sous une couverture dans une voiture de police. Pour plusieurs membres de sa famille, c'était "la première fois" qu'ils le revoyaient depuis la tuerie et ce fut "un moment très dur", a indiqué Me de Saint Rémy. Le jugement est attendu vendredi en début de soirée. D'après AFP
(Image LCI archives : la maison du drame)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




