© AFPSamedi matin, le jeune homme qui avait été roué de coups par des policiers lundi à La Courneuve a été interpellé à son domicile, au Bourget. Il est soupçonné d'avoir caillassé des pompiers dans la soirée de vendredi. Il devait être déféré au parquet de Bobigny dans la nuit de dimanche à lundi. Selon le directeur général de la police nationale Michel Gaudin, l'homme, âgé de 19 ans, aurait été reconnu parmi un groupe de jeunes jetant des pierres sur des pompiers venus éteindre un incendie de voiture au Bourget. La veille, cinq policiers impliqués dans cette bavure, filmée et diffusée par France 2, avaient été mis en examen à Bobigny. L'un des deux auteurs présumés des coups a été placé en détention provisoire, ce qui suscite l'indignation des syndicats de la police nationale. Les quatre autres policiers, poursuivis à des degrés divers, ont été placés sous contrôle judiciaire.
Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix, a fait état samedi d'un "ras-le-bol" des policiers, notamment après ces mises en examen, et a lancé un "appel au calme et au professionnalisme". Face à cette grogne, Nicolas Sarkozy a indiqué samedi soir qu'il avait reçu des collègues des policiers mis en cause, pour les assurer de son soutien. "J'ai tenu à recevoir une délégation de policiers du département de la Seine-Saint-Denis qui étaient des collègues du policier mis en détention", afin de "leur dire ma confiance et mon soutien", a indiqué Nicolas Sarkozy au commissariat du VIIIème arrondissement de Paris. "J'avais prévenu qu'en cas de faute je sanctionnerai. Cette sanction est tombée", a dit le ministre qui a expliqué qu'il "n'admet pas et n'(admettra) jamais, quelle que soit la personne, qu'on puisse frapper quelqu'un à terre".
Sarkozy accusé d'avoir "sacrifié" les policiers
Cette rencontre suffira-t-elle à rassurer les policiers ? "Il y a un état de tension très perceptible dans les commissariats et nous le comprenons", estime Jean-Claude Delage, secrétaire général-adjoint d'Alliance. Le syndicat refuse toujours une décision de justice concernant les policiers de La Courneuve jugée "disproportionnée et injuste", surtout celle concernant le policier incarcéré dans cette affaire. Il demande qu'il soit placé sous contrôle judiciaire, ce qui pourrait "apaiser les esprits" dans les commissariats, fait valoir Jean-Claude Delage. La section locale du syndicat policier, Alliance 93, a pour sa part annoncé samedi que les policiers de Seine-Saint-Denis étaient en "service minimum" à son appel, tout en continuant à s'occuper des violences urbaines.
Me Gilbert Collard, défenseur des policiers impliqués dans la bavure de La Courneuve, a pour sa part accusé samedi Nicolas Sarkozy d'avoir "sacrifié" ces policiers alors qu'il "pousse au crime" dans les banlieues. "D'un côté, on a un ministre de l'Intérieur qui finalement pousse au crime et qui de l'autre fait suspendre des policiers comme ça pour montrer qu'à peu de frais il y a la compensation démocratique", a déclaré l'avocat sur Europe 1. "C'est quand même scandaleux, a-t-il ajouté, qu'on reproche à des policiers dans un contexte d'émeutes des actes, dont on s'expliquera pour connaître leur étendue, sans tenir compte qu'il y a un ministre de l'Intérieur qui s'adresse à cette population des banlieues en parlant de 'racailles' et qui persiste".
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