
Mouchoir blanc à la main en signe de paix, quelque 300 personnes ont participé vendredi après-midi à un rassemblement devant le Mur de la Paix du Champs-de-Mars (VIIe), à Paris, à l'initiative du "Collectif banlieues respect", qui affirme regrouper plus de 150 "associations des quartiers populaires de toute la France", telles que le Club Africagora, Droit de Cité ou Ni Proxo ni facho.
"C'est quoi être Français aujourd'hui?"
Dans un communiqué, ce collectif estime que la violence des quinze derniers jours "exprime les frustrations de 30 années de déni de reconnaissance des populations vivant dans ces quartiers (...) considérées par la loi comme françaises mais reléguées dans les faits, dans l'inconscient collectif et parmi nos élites politiques, intellectuelles et économiques, au rang de citoyens de seconde zone". En même temps qu'il "appelle au retour au calme dans les quartiers populaires", le collectif demande d'abord au président de la République et au gouvernement "une écoute forte et sincère, notamment auprès des jeunes de ces quartiers, afin de lutter efficacement contre toutes les formes de discriminations dont ils souffrent au quotidien".
Présent au rassemblement, le secrétaire général du Mrap, Mouloud Aounit, a affirmé : "bien sûr, il faudra apporter des réponses en termes d'emploi et de logement au cri de désespoir lancé dans nos banlieues mais, surtout, il faudra répondre à une question centrale : c'est quoi être Français aujourd'hui ? Peut-on l'être en s'appelant Mohamed ou Sidibé et sans être obligatoirement blanc et catholique?"
Marches et appels au calme Environ 500 personnes ont participé vendredi à une marche silencieuse, suivie d'un appel au calme lancé par un imam, dans un quartier sensible de Montpellier. Les fidèles, sortant de la mosquée située à la Paillade (ex-quartier de la Mosson) après la prière, ont marché sans banderole ni slogan avant de se disperser. Ce quartier de 45.000 habitants a connu depuis une semaine des incidents limités - une quarantaine de voitures ont été incendiées -, sans affrontement avec les forces de l'ordre, selon la même source. Une autre marche est prévue dimanche après-midi à l'appel d'associations franco-maghrébines. Quelque 200 personnes ont également participé vendredi à une marche "contre la violence" dans les rues du quartier de la Madeleine à Evreux où des affrontements se sont déroulés dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Dans le cortège figuraient de nombreux élus, en particulier une dizaine d'adjoints au maire UMP Jean-Louis Debré et les quatre conseillers généraux, tous socialistes, de la ville.
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