© DRLe ravisseur présumé de la petite Aurélia, qui s'est rendu mardi aux gendarmes avec sa femme, devait être présenté jeudi après-midi devant un juge d'instruction d'Angers qui pourrait le mettre en examen pour "enlèvement", "séquestration" et "violence aggravée sur mineur".
Cet homme de 36 ans, qui a reconnu les faits devant les enquêteurs, est présenté comme "renfermé" par ses voisins de Villedieu-la-Blouère, un village de Maine-et-Loire proche de Cholet. Il "a une nature peu causante", a témoigné son frère Marc, 35 ans, se disant "étonné qu'il ait pu faire des trucs pareils".
"Comme un objet"
Sa femme, âgée de 30 ans, devait de son côté être mise en examen pour "séquestration" et "violence aggravée sur mineur de moins de 15 ans". Tous deux risquent 20 ans de réclusion. Deux femmes, interpellées mercredi, notamment pour n'avoir pas révélé les faits, devaient également être présentées au juge d'instruction. Elles risquent trois ans d'emprisonnement.
Mercredi, au premier jour de sa garde à vue, le ravisseur présumé a affirmé qu'il n'avait pas prémédité l'enlèvement de la fillette, dimanche, et qu'il l'a finalement libérée lundi soir car il se sentait "acculé" par la progression de l'enquête.
Aurélia, 6 ans, enlevée sur un parking alors qu'elle jouait aux rollers avec sa soeur de 9 ans à Jallais (Maine-et-Loire), a été victime d'une scène "de violence", selon la procureure de la République d'Angers Brigitte Angibaud. Le ravisseur présumé, qui a reconnu les faits, "a utilisé l'enfant comme un objet", a-t-elle simplement précisé.
"A moitié bizarre"
Le suspect, qui avait une formation de peintre en bâtiment, était "sans emploi", a indiqué la procureur d'Angers. L'épouse percevait une pension Cotorep pour adulte handicapée. Le frère du suspect explique que ce dernier "bricolait des ordinateurs" et touchait également "une allocation adulte handicapé à la suite d'une dépression à la mort de notre père en 1988". Une voisine précise qu'il "retapait aussi des voitures". Mais, selon son frère, le suspect "était un père comme un père doit être", même s'il était "assez strict avec sa fille aînée. Il la motivait au maximum pour qu'elle réussisse à l'école". Pour lui, sa belle-soeur "était très sévère. On avait parfois l'impression qu'elle parlait à une adulte quand elle parlait à sa fille" de 9 ans.
Le couple était marié depuis deux ans et vivait avec deux fillettes, dont l'une issue d'un premier mariage du père. La plus jeune, âgée de 2 ans, était la fille du couple. Les deux enfants ont été emmenés à l'hôpital d'Angers pour des examens avant d'être placées auprès des services de l'Aide sociale à l'enfance. L'épouse avait également trois enfants, une fille et deux garçons, issus d'une précédente union, mais qui ne vivaient pas avec le couple.
Dans le voisinage, le couple avait la réputation de n'être pas très impliqué dans la vie locale. "Je ne lui disais plus bonjour, il était à moitié bizarre, il te regardait et ne parlait pas", explique une très proche voisine. Quant à la femme, "je la trouvais bizarre, elle parlait sèchement", précise une autre voisine. Des experts psychiatres vont examiner pour déterminer l'état psychologique et intellectuel du couple, a indiqué la procureur d'Angers.
(La maison du ravisseur présumé/DR)
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