Réactions aux annonces de Villepin

le 07 novembre 2005 à 21h59 , mis à jour le 08 novembre 2005 à 10h29

De gauche comme de droite, les hommes politiques ont écouté Dominique de Villepin lundi soir sur TF1. Ils réagissent aux mesures annoncées par le Premier ministre.

François Hollande TF1

Un message manquant de "dimension sociale" pour le socialiste François Hollande ; des décisions "qui permettront aux jeunes des quartiers sensibles une meilleure intégration", pour Bernard Accoyer de l'UMP ... De gauche comme de droite, les hommes politiques ont écouté Dominique de Villepin lundi soir sur TF1. Ils réagissent aux mesures annoncées par le Premier ministre.

Pour François Hollande (PS), il manque une "dimension sociale". "Au-delà des nécessaires rappels à l'ordre républicain, ce qui a manqué, c'est une dimension sociale, un message à l'égard des populations de ces quartiers, à l'égard des élus qui sont aux premières lignes", a réagi le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, estimant avoir entendu "beaucoup de généralités, d'imprécisions et d'incantations". Par ailleurs, dans un communiqué paru plus tard dans la soirée, le Parti socialiste souligne qu'il sera "extrêmement attentif" à l'utilisation de la loi de 1955 sur l'état d'urgence, autorisant l'instauration d'un couvre-feu.

Les Verts dénoncent une "escalade totalement disproportionnée". Les Verts ont qualifié lundi d'"escalade totalement disproportionnée" la décision du gouvernement de recourir à la loi du 3 avril 1955 sur l'état d'urgence, pour rétablir le calme dans les banlieues. "Le Premier ministre Dominique de Villepin, en annonçant sans oser prononcer le mot que le conseil des ministres va proclamer demain l'état d'urgence, montre que le gouvernement a choisi une escalade totalement disproprotionnée", ont indiqué les Verts dans un communiqué. "Cette stratégie de la tension délibérée et organisée ne règlera rien, et fait probablement courir à l'ensemble de la population française de plus grands risques que ceux qu'elle prétend éviter", ont-ils ajouté.

Selon Marie-George Buffet, secrétaire national du PCF, Dominique de Villepin "n'a pas pris la mesure de ce qui se passe réellement". "Il aurait pu annoncer l'ouverture d'un grand dialogue national sur comment sortir de la crise ces quartiers" et "résoudre les problèmes de fond", a-t-elle dit. Elle a exprimé ses doutes sur le couvre-feu. "On est incapable d'empêcher ces jeunes de faire des actes de violence la nuit, je ne vois pas comment on va appliquer le couvre-feu", a-t-elle observé, en redoutant en outre qu'une telle mesure soit prise "comme une sorte de défi" par les jeunes. "On sort une loi de 1955" sur l'état d'urgence et "on revient en arrière en matière d'éducation", a dénoncé Mme Buffet en faisant allusion aux mesures pour encourager l'apprentissage. "C'est un recul, c'est une régression", a-t-elle affirmé.

François Bayrou, le président de l'UDF, a indiqué mardi matin que le couvre-feu avait "un aspect très solennel et choc", mais il a aussi souligné "la difficulté" de le mettre en application. "Je souhaite que les conséquences symboliques, l'écho de ces mesures fassent revenir le calme. J'ai naturellement des interrogations sur la manière dont ce sera appliqué", a-t-il ajouté. Selon M. Bayrou, "il n'y a pas que les banlieues qui sont dans cet état". "Toute la société française aujourd'hui est dans cet état d'explosiion rampante", a-t-il dit. Il a déploré "les allers et retours" des politiques, alors qu'"il faut de la reconstruction en profondeur", citant l'annonce du "rétablissement des subventions aux associations et des emplois jeunes". Il a invité "les grands mouvements politiques" à faire "un accord de long terme" pour les banlieues.

Bernard Accoyer soutient "sans réserve" les mesures de Villepin. Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, "le Premier ministre a fait preuve d'autorité et d'ouverture pour rétablir la paix civile. L'ordre public, garant de nos libertés, doit être respecté, c'est une exigence qui s'impose à nous, pour respecter le droit de chacun." "Dans un second temps, une fois le calme revenu, les mesures sociales concrètes permettront aux jeunes des quartiers sensibles une meilleure intégration. Pour les députés UMP, l'heure est au rassemblement de toute la nation et non à la surrenchère politicienne, pour le rétablissement de l'ordre républicain."

- Philippe de Villiers indique dans un communiqué que le Premier Ministre n'a pas pris la mesure de l'insurrection anti-française qui menace l'unité de la République". "Le Premier Ministre n'a jamais utilisé le mot 'immigration', pourtant la cause essentielle de la guerre des banlieues, ni évoqué l'envoi de l'armée qui seule peut rétablir l'ordre". "La peur doit changer de camp: aujourd'hui elle est dans le regard de nos gouvernants qui nous parlent de dialogue. Or, on ne dialogue pas avec la violence, on la réprime".

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(François Hollande/archives/DR)

le 07 novembre 2005 à 21:59
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