
Cette quatorzième nuit de violences s'est soldée par un moins grand nombre de véhicules incéndiés. Avec 482 voitures brûlées et 203 interpellations, le directeur général de la police nationale Michel Gaudin parlait d'"un reflux important" des violences urbaines, jeudi matin. 617 véhicules avaient été incendiés et 280 personnes interpellées la nuit précédente. Michel Gaudin a précisé que cette baisse avait été "très très marquée en Ile-de-France" avec 95 véhicules incendiés (150 la nuit précédente). En province, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 398 véhicules brûlés (407 la veille). Selon le DGPN, 2033 personnes au total ont été interpellées depuis le 27 octobre.
Le couvre-feu n'était instauré que dans cinq départements sur les 25 autorisés à le faire: une partie des Alpes-Maritimes, la Somme (Amiens), la Seine-Maritime (Rouen, Elbeuf et Le Havre) et le Loiret (six communes dont Orléans). Dans l'Eure, au quartier de la Madeleine à Evreux, la mesure, qui concerne aussi les majeurs, est entrée en vigueur à 22h. De nombreux préfets, dont ceux des départements d'Ile-de-France, avaient choisi mercredi de ne pas décréter pour le moment un couvre-feu, en raison de la décrue des incidents.
Marche sur les Champs interdite
Parallèlement, les appels pour un retour au calme se sont multipliés. Un collectif réunissant des associations de quartiers a appelé mercredi, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre Dominique de Villepin, à "une marche pour la paix" vendredi sur les Champs-Elysées à Paris. Mais cette manifestation n'a été "en aucun cas autorisée", a démenti la préfecture de police. A Toulouse, une trentaine d'habitants de la Reynerie et des militants associatifs sont venus occuper la rue de Kiev, haut lieu des affrontements depuis cinq jours, pour favoriser le retour au calme.
Expulsions au cas par cas
Au risque d'établir dans les esprits un lien caricatural entre étrangers et violence, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a demandé dans l'après-midi aux préfets d'expulser tous les étrangers condamnés dans le cadre des violences, y compris les titulaires d'un titre de séjour. Ces propos ont aussitôt suscité la colère d'associations de défense des droits de l'Homme (MRAP, LDH, France Terre d'Asile et RESF, Réseau Education sans frontières) qui se sont insurgées contre l'application, selon elles, d'une "double peine".
Michel Gaudin a relativisé jeudi l'ampleur de la mesure en précisant que les expulsions seraient examinées "au cas par cas". Il a estimé que parmi les personnes en garde à vue (environ 1400), figuraient "entre 6 et 8 % d'étrangers", soit, selon lui, "une centaine de personnes". Il a rappelé que plusieurs cas de figure se présentaient. Le premier est que la justice peut assortir sa condamnation d'une mesure d'"interdiction du territoire". Le second est que les préfets prennent un arrêté de reconduite à la frontière. Mais, a-t-il ajouté, "il y a des protections particulières" qui empêchent l'expulsion "de mineurs isolés ou de personnes vivant en France depuis longtemps". D'après AFP
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