"La République est à une heure de vérité"

le 08 novembre 2005 à 15h31 , mis à jour le 08 novembre 2005 à 19h04

Dans une déclaration solennelle à l'Assemblée nationale, Dominique de Villepin a précisé les mesures de couvre-feu et a développé son plan d'action pour tenter de résoudre les problèmes, notamment au niveau social et éducatif.

villepin assemblée banlieues 8-11

A situation exceptionnelle, séance exceptionnelle. La traditionnelle séance de questions au gouvernement devant l'Assemblée nationale s'est transformée ce mardi en un débat sur les banlieues. Ce débat de 100 minutes s'est déroulé devant un hémicycle comble, les principaux ministres étant également présents.

Premier à prendre la parole lors d'une déclaration solennelle, Dominique de Villepin a très longuement justifié aux députés l'instauration de l'état d'urgence, avertissant que "rétablir l'ordre prendra du temps" et précisant que le décret "exclut tout contrôle des médias". Le Premier ministre a affirmé que l'Etat serait "ferme et juste" et a évoqué la possibilité de "sanctions pénales pouvant aller jusqu'à deux mois d'emprisonnement" pour ceux qui refuseraient de se soumettre aux mesures de restriction de la circulation.

Dispositif social et éducatif

Dominique de Villepin a également annoncé les dispositifs qu'il entend mettre en place en faveur des jeunes des quartiers sensibles. Outre la création de 15 zones franches supplémentaires en plus des 85 existantes, il a demandé au ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, que 20 000 contrats d'accompagnement pour l'emploi et contrats d'avenir soient réservés aux jeunes originaires de ces quartiers. Il a aussi souhaité que tous les jeunes de moins de 25 ans habitant dans l'une des 750 zones urbaines sensibles soient reçus dans les trois prochains mois à l'ANPE ou dans les missions locales et maisons de l'emploi pour se voir proposer une formation, un stage ou un contrat.

Concernant l'éducation, le chef du gouvernement a décidé d'augmenter le nombre d'assistants pédagogiques dans les collèges. "Dès janvier 2006, 5 000 postes seront créés pour les 1 200 collèges des quartiers sensibles", a-t-il noté. Il a annoncé le doublement du nombre d'équipes de réussite éducative prévues par le plan de cohésion sociale. "Il y en aura 1.000 à la fin 2007".  Il s'est aussi engager à débloquer 100 millions d'euros  en 2006 pour les associations oeuvrant dans les quartiers sensibles.

"Avertissement et appel"

"Prenons ces événements comme un avertissement et un appel. La France n'est pas un pays comme les autres. Jamais elle n'acceptera que des citoyens vivent séparés, avec des chances différentes, avec des avenirs inégaux" a conclu le locataire de Matignon.

Concluant le débat après les interventions des présidents de groupe (voir encadré), Nicolas Sarkozy a martelé à son tour que "la force de la République ne doit pas céder devant le force des bandes". Il a expliqué que la mise en oeuvre du couvre-feu ferait l'objet d'une "application mesurée" qui ne mettra "en cause la liberté de personne".

Passe d'armes


Prenant la parole après Dominique de Villepin, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, a déclenché de fortes huées sur les bancs de l'UMP, lorsque, s'adressant au Premier ministre, il lui a lancé "votre gouvernement -et particulièrement votre ministre de l'Intérieur- porte de lourdes responsabilités dans ce déchaînement des passions, mais nous n'avons plus le temps d'en faire l'inventaire".

"Nous n'avons pas le droit d'attiser le feu", a-t-il ajouté. "Les bandes doivent être mises hors d'état de nuire. Les casseurs doivent être punis. On ne peut transiger avec la violence. La priorité de tous est le retour à l'ordre républicain, la sécurisation des populations, l'indemnisation des victimes", a-t-il poursuivi en souhaitant la création d'un "fonds national de solidarité".

(photo : Villepin lors de son discours)

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le 08 novembre 2005 à 15:31
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