
Après six nuits de violences en banlieue parisienne, Nicolas Sarkozy maintient sa stratégie de fermeté et multiplie les interventions médiatiques pour l'expliquer. Journal de 20h sur TF1 dimanche soir, entretien dans le Parisien, interview ce matin sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur défend ses mots et sa méthode. "Nous aurons des résultats dans les quartiers (...). Nous garantirons la sécurité. (...) Dès le mois prochain je publierai un indice des violences urbaines pour que chacun puisse mesurer l'impact de la politique mise en oeuvre", a-t-il déclaré sur Europe 1. Et de revenir sur le vocabulaire qu'il emploie depuis quelques mois, des mots comme "karcher" ou "racaille" pour parler de certains jeunes de banlieue. "Je n'emploie jamais de mots crus, je suis plutôt quelqu'un de bien élevé, et encore moins de mots violents. J'appelle un voyou un voyou, un assassin un assassin. Je ne vois pas d'ailleurs ce que le terme de racaille peut avoir de vulgaire ou de violent (...). Je parle avec les mots que comprennent les Français".
Cette volonté de Nicolas Sarkozy de parler " avec les vrais mots " a provoqué une polémique au sein même du gouvernement. Ainsi, un proche du Premier ministre, Azouz Begag, ministre de la Promotion de l'égalité des chances, a "contesté" mardi la méthode de son collègue de l'Intérieur, qui se laisse à ses yeux "déborder par une sémantique guerrière imprécise". Les propos d'Azouz Begag ont suscité la colère d'Alain Marleix, un député UMP proche de Nicolas Sarkozy, qui a estimé qu'il "devrait démissionner" car il s'est rendu coupable d '"un manquement grave à la solidarité gouvernementale". Interrogé par l'AFP sur cette demande, Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, a glissé : "je peux comprendre l'exaspération d'Alain Marleix, car notre pays a besoin d'unité et le gouvernement de cohésion, même si je ne partage pas toutes ses conclusions".
"Il y a eu une montée médiatique"
Ce matin, interrogé par Europe 1 sur le fait de savoir si Azouz. Begag "lui avait facilité la tâche", le ministre a simplement répondu "non". Auparavant, Nicolas Sarkozy, interrogé sur les raisons pour lesquelles Azouz Begag ne s'était pas rendu en banlieue depuis sa nomination il y a cinq mois, a répondu que c'était "à lui de répondre".
Le début de polémique entre le ministre de l'Intérieur et le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, "n'entraîne pas pour autant une crise gouvernementale", a estimé mercredi sur RTL le ministre de la Justice, Pascal Clément. "Il y a eu une montée médiatique; ça n'entraîne pas pour autant une crise gouvernementale (...). Ca vaut en famille, ça vaut dans un gouvernement : on n'a pas tous le même tempérament. Azouz Begag n'a pas le tempérament de Nicolas Sarkozy, mais on a besoin des deux", a expliqué le ministre.
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