
Nicolas Sarkozy, avant de participer dimanche soir au Conseil de sécurité intérieure réuni à l'Elysée, avait rencontré samedi après-midi dans son bureau tous les responsables de la police pour "faire le point" sur les violences urbaines. Un ministre de l'Intérieur de plus en plus contesté par l'opposition : Noël Mamère, député-maire de Bègles, ville où deux voitures ont été incendiées dans la nuit de vendredi à samedi (l'une, appartenant à une association d'insertion, se trouvait dans l'enceinte de la mairie), a de nouveau réclamé sa démission samedi, estimant que Nicolas Sarkozy était "dangereux" et se prenait pour un "shérif". Avant lui, le parti socialiste (qui a fait savoir samedi qu'il ne réclame pas, "pour l'instant", la démission du ministre de l'Intérieur) et le parti communiste (qui, pour sa part, la réclame ouvertement) n'avaient pas ménagé leurs critiques.
Ces mises en cause et ces appels à la démission ne semblent cependant pas entamer le crédit dont jouit le ministre de l'Intérieur dans l'opinion. Selon un sondage pour Le Parisien, 57% des Français affirment avoir une "très" ou une "assez" bonne image de Nicolas Sarkozy, contre 39% à penser le contraire. La proportion reste sensiblement la même chez les habitants des banlieues, qui sont 56% à avoir une opition positive de lui, contre 42% à avoir une "assez" ou une "très" mauvaise image du ministre de l'Intérieur. Image majoritairement positive nuancée par le fait que, pour 63% des personnes interrogées, il "utilise parfois des termes choquants".
"Lettre ouverte aux angéliques et donneurs de leçons"
Par ailleurs, face aux critiques de personnalités politiques, l'UMP a apporté samedi un soutien sans faille à son chef. Tout d'abord par la voix de son porte-parole, Luc Chatel. "François Hollande et Julien Dray veulent cogner sur Sarkozy, c'est indécent parce qu'on est dans une situation difficile, grave, où on aurait besoin d'une unité nationale, d'une unité républicaine", a-t-il affirmé. Selon lui, "le Parti socialiste a la mémoire courte. C'est Lionel Jospin, qui, lorsqu'il était Premier ministre, avait nié les problèmes d'insécurité. Ensuite, les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui sont en grande partie liés à la politique menée depuis 20 ans". Trente parlementaires UMP ont par ailleurs défendu, dans une "lettre ouverte aux angéliques et donneurs de leçons", la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et accusé la gauche de "polémiquer, en pratiquant le mensonge et la désinformation".
Egalement très critiqué par la gauche pour avoir supprimé la police de proximité au nom de la "culture du résultat", Nicolas Sarkozy s'en explique dans Le Monde. "Je suis favorable à la police de proximité", déclare-t-il dans un point de vue au quotidien, tout en réaffirmant que les forces de l'ordre, alors qu'elles font face à la vague de violence dans les banlieues, ont d'abord pour mission "d'arrêter les délinquants". "Je trouve excellent que la police cultive des liens étroits avec la population, soit à l'écoute de ses besoins, rencontre les associations et les professionnels", ajoute-t-il. Pour autant, "la police de proximité ne peut se construire au détriment de la police d'investigation et d'interpellation", assène-t-il. "Ce n'est pas l'une sans l'autre : mais l'une avec l'autre". Le ministre de l'Intérieur réitère que "le rôle de la police n'est pas de faire de l'animation sportive" et qu'il a "préféré remobiliser les forces de sécurité sur leur coeur de métier, renforcer leurs moyens d'action et remettre les victimes au centre de leur mission".
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Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy interrogé sur les violences - DR
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