© DRTandis que les socialistes se réunissaient ce week-end pour 72 heures au Mans, Nicolas Sarkozy a demandé à son parti d'organiser les 48 heures de l'UMP. L'occasion de multiples débats et manifestations festives dans toutes les fédérations de France, ainsi qu'une "nuit blanche" au siège de l'UMP à Paris.
Nicolas Sarkozy a commencé par réunir dans la matinée, comme il le fait régulièrement depuis son accession à la tête de son parti en novembre 2004, les nouveaux adhérents de son parti. Ils étaient samedi environ 2.700 -un record- dans un grand hôtel parisien, à l'écouter livrer son analyse des violences urbaines de ces trois dernières semaines.
"Une action qui ne s'arrêtera pas"
"Pourquoi croyez-vous que les banlieues se sont embrasées ? Parce que j'ai employé les mots 'racaille' ou 'Kärcher' ? Mais enfin, de qui se moque-t-on ? Les banlieues se sont embrasées notamment parce que nous avons engagé une action, qui ne s'arrêtera pas, de démantèlement des bandes, des trafics et des trafiquants", a-t-il martelé, sous les applaudissements nourris de l'assistance.
"La première cause du désespoir dans les banlieues, c'est le trafic de drogue, la loi des bandes, la dictature de la peur, la démission de la République. Je veux que les habitants de ces quartiers populaires sachent que la République est de retour et qu'ils auront droit à la même sécurité que les autres", a-t-il ajouté. "Rarement, au cours de ces trois dernières semaines, je n'ai senti un décalage aussi profond entre le pays virtuel tel qu'il est souvent décrit à longueur d'articles et le pays réel", a confié le numéro deux du gouvernement.
Intervenant un peu plus tard devant le Mouvement national des élus locaux à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Nicolas Sarkozy a expliqué que "la première cause de misère dans les quartiers, (c'était) le fait que des délinquants puissent y prospérer en toute impunité depuis des années". "Tout l'argent mis par les gouvernements de gauche et de droite depuis 20 ou 30 ans dans les politiques de la Ville a été en partie détourné par une économie souterraine qui a pollué l'économie réelle dans ces quartiers", a-t-il affirmé.
"Un chat un chat"
Le ministre de l'Intérieur a dénoncé "la faillite du modèle d'intégration" français. "On ne peut pas intégrer plus que la société française ne peut intégrer, a-t-il dit. "A partir du moment où la France n'a pas fait le choix d'une intégration choisie mais subie, on a mis en panne le système d'intégration français", a-t-il soutenu, en prônant "la non exécution du regroupement familial" pour les immigrés qui n'avaient pas les moyens de l'assumer.
En appelant "un chat un chat", comme il l'a dit à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy adopte une stratégie plus directe que celle de Dominique de Villepin. Sans jamais se référer explicitement à la polémique sur le regroupement familial ou la polygamie, le Premier ministre avait mis en garde vendredi contre les "amalgames" et la "stigmatisation" des habitants des cités.
Réponse à Fabius
Concluant sa journée par une fête UMP à Vélizy, dans les Yvelines, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il n'acceptait "pas de leçons de Laurent Fabius" à propos des violences urbaines, se demandant "depuis quand" l'ancien Premier ministre socialiste n'avait "pas mis les pieds en banlieue". Un peu plus tôt, Laurent Fabius avait fustigé le ministre de l'Intérieur, qui, selon lui, "apporte partout où il passe le désordre". Il avait résumé son action par "d'un côté le Kärcher, de l'autre le charter.
(D'après AFP)
(Image Nicolas Sarkozy, samedi/DR)
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