© TF1Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a appelé mercredi, lors d'une convention de son parti sur les injustices, à "déposer le bilan des ZEP", affirmant que la politique des Zones d'éducation prioritaire avait "échoué". "Il faut passer de la politique des zones prioritaires à la politique des élèves prioritaires", a résumé le président de l'UMP. "Il faut déposer le bilan des ZEP. Cette politique a échoué", a lancé M. Sarkozy lors de cette convention de l'UMP organisée à l'Assemblée nationale. "L'effort spécifique en faveur des ZEP représente 1,2% du budget de l'Education nationale. Il se résume à deux élèves de moins par classe et à une prime dérisoire, qui est largement compensée, sur le plan budgétaire, par le fait que les enseignants sont en début de carrière et ne cotent pas grand chose", a argumenté le ministre de l'Intérieur.
"La réalité, c'est qu'il y a moins de moyens dans les ZEP qu'ailleurs. Les cours durent moins longtemps parce qu'il faut faire de la discipline. Les élèves font moins de sorties en dehors du collège, moins de voyages linguistiques", selon M. Sarkozy. "Améliorer, renforcer la politique des ZEP, c'est très en-deçà de nos besoins. Il faut donc changer les ZEP. Et prendre au mot la loi Jospin de 1989, c'est-à-dire mettre effectivement les élèves au centre du dispositif", a poursuivi le numéro deux du gouvernement.
"Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain"
Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a rapidement réagi mercredi soir en déclarant dans un communiqué qu'il ne voyait "aucune raison de demander un dépôt de bilan des ZEP". Et de s'interroger : "sans l'éducation prioritaire, que seraient nos quartiers aujourd'hui ?" Déjà vendredi dernier, dans un entretien au quotidien gratuit 20 Minutes, Dominique de Villepin avait promis des aides ciblées pour les 130 collèges et la vingtaine de lycées les plus en difficulté recensés dans ces ZEP.
Une cacophonie au sein du gouvernement soulignée mercredi soir dans un communiqué par Jack Lang, ex-ministre socialiste de l'Education. "Le gouvernement est-il tombé sur la tête?", s'est demandé le député PS du Pas-de-Calais. "Voici que, d'un côté, le Premier ministre prône le renforcement des Zones d'éducation prioritaire, voici que de l'autre, à l'instant même, est publiée une déclaration du président de l'UMP appelant à leur disparition. Nous sommes en plein délire gouvernemental".
Le président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, Georges Dupon-Lahitte, a pour sa part aigrement noté qu'il "ne savait pas que M. Sarkozy était ministre de l'Education nationale". Selon lui, "il est dramatique pour l'Ecole que les combats pour qui sera candidat à la présidentielle aboutissent à rendre illisibles les débats sur la question essentielle qu'est l'avenir de la jeunesse". Guère plus satisfait des propos de Nicolas Sarkozy, Nicolas Renard, président de l'Observatoire des zones prioritaires (OZP), association de professionnels et d'experts des ZEP, s'est montré plus nuancé dans sa réponse. "Quand il dit que la politique des ZEP a échoué, c'est trop rapide : il y a une vraie question en terme de résultats, mais il y a des endroits qui ont très bien travaillé, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain".
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