Cette journée de samedi va décider de la tournure du congrès du PS, réuni jusqu'à dimanche au Mans. Elle dira si les socialistes sont en mesure de surmonter leurs divisions pour se rassembler sur une ligne politique commune et aborder dans l'unité l'élection présidentielle de 2007. A l'exception du premier secrétaire, François Hollande, qui ne doit s'exprimer que dimanche, les ténors du parti prendront la parole : Laurent Fabius et Vincent Peillon dans la matinée, Dominique Strauss-Kahn et Henri Emmanuelli l'aprés midi. Leurs interventions diront jusqu'où ils sont prêt à aller pour trouver un terrain d'entente.
Toujours pas d'accord en vue
Depuis jeudi, la direction du parti a crédité Laurent Fabius d'une "volonté" d'aboutir. Elle est plus dubitative en ce qui concerne le troisième grand courant, le Nouveau Parti socialiste (NPS) de Vincent Peillon, qui représente désormais près d'un quart du parti. M. Hollande comme M. Fabius, qui se sont durement combattus sur la question européenne depuis plus d'un an, estiment tous deux qu'un accord entre eux sans le NPS n'aurait "pas de sens", selon la formule du numéro un socialiste. Le premier secrétaire estime que "si on peut emporter l'unité, il faut la faire" mais "sans dénaturer" l'oriention politique qu'il défend, selon l'un de ses proches, le porte-parole Julien Dray. Vendredi soir, il a donc rencontré les dirigeants du NPS pour vérifier dès à présent si les conditions d'un rassemblement de tout le parti pouvaient être réunies.
Quatre principes
Soucieux de ne pas tenir un congrès monopolisé par le règlement des contentieux internes, François Hollande devra décider ce matin de prolonger les pourparlers au nom de la recherche de l'unité ou, au contraire, d'y mettre un terme en s'appuyant sur la majorité absolue, mais assez étroite, que lui ont donnée les militants. Parmi ceux qui le soutiennent, des responsables comme Jean-Marc Ayrault ou Martine Aubry l'ont néanmoins mis en garde contre "des petits arrangements entre amis", selon la formule de la maire de Lille. Le NPS, lui, ne veut pas se faire forcer la main, et a décidé d'attendre samedi soir pour examiner dans le détail la possibilité d'un compromis. Seul au sein de la majorité, Michel Rocard a ouvertement souhaité qu'il n'y ait pas de rassemblement des socialistes sur un même texte. "Je suis contre la synthèse car tout le monde attend de la clarté", a-t-il dit.
Le numéro 3 du PS, François Rebsamen, a énuméré vendredi les "quatre principes" d'un accord général : "ne pas dénaturer l'esprit du texte" de la motion majoritaire, adopter "un code de bonne conduite accepté et respecté par tous", une conception de l'union de la gauche basée sur le rassemblement "autour du PS et avec des partis qui veulent gouverner", enfin accepter que le candidat du parti à la présidentielle ne soit désigné qu'en novembre 2006. Les délégués, s'ils ne parviennent pas à la synthèse recherchée, pourraient néanmoins se mettre d'accord sur "une adresse aux Français" condamnant la politique gouvernementale dans les banlieues et proposant des solutions alternatives.







