© AFPIls sont tous favorables à une synthèse. Et ils l'ont dit, tour à tour, samedi, à la tribune, dans un climat franchement apaisé après plus d'un an de déchirements internes. Dans leur discours, les ténors socialistes réunis depuis vendredi et jusqu'à dimanche en congrès au Mans, ont chacun exhorté au "rassemblement".
"Fiers d'être des socialistes"
Dans ce "bal des éléphants", deux discours très remarqués : ceux de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, deux des favoris pour l'investiture socialiste à la présidentielle de 2007. Très applaudi, l'ancien Premier ministre a exhorté la gauche à "ne pas laisser passer son tour" en 2007. "L'espérance, c'est la gauche, seule la gauche peut apporter à la France ce qui lui manque le plus gravement, l'espérance", a-t-il dit, adoptant des accents de tribun. Le député de Seine-Maritime s'est à nouveau prononcé pour "un rassemblement sur une ligne de gauche, avec tous ceux qui en accepteront les contraintes" de l'exercice du pouvoir. Après le discours de Laurent Fabius, François Hollande est venu lui serrer la main, un geste qui a été remarqué.
Peu après, l'ancien ministre de l'Economie et des finances s'est posé en champion de l'identité réformiste du Parti socialiste au sein de la gauche. En 2007, "nous pouvons gagner à condition d'être fiers de ce que nous sommes, fiers de ce que nous avons fait, fiers d'être des socialistes", a dit le député du Val d'Oise.
Dans un discours également très fort, Vincent Peillon, représentant la troisième motion, a appelé, au-delà de l'unité des socialistes, au "rassemblement de la gauche et des Français", une manière de réclamer un infléchissement de la ligne politique du parti pour reconquérir les couches populaires.
"Ce ne serait pas un drame"
Autre manifestation de cette volonté de rassemblement au PS : même l'une des figures les plus controversées du parti pour ses attaques contre la direction, Jean-Luc Mélenchon, s'est gardé de toute provocation, plaidant pour "une union des gauches (qui) doit être sans exclusive".
Restait samedi soir à concrétiser cet objectif de synthèse. Les dirigeants des trois courants du parti, François Hollande, Laurent Fabius, et le trio Peillon-Montebourg-Emmanuelli, se retrouvaient samedi soir en "Commission des résolutions" pour tenter d'aboutir à une motion commune.
La possibilité d'un rassemblement est suspendue à un compromis entre François Hollande et le courant du Nouveau Parti socialiste. Les discussions buttent principalement sur la VIe République, défendue par le NPS, une vaste réforme des institutions qui réduirait considérablement les pouvoirs du chef de l'Etat.
François Hollande, le premier secrétaire s'est efforcé de relativiser par avance un éventuel échec sur ce point. Cela ne serait pas "un drame", a-t-il déclaré. "De toutes manières, nous serons rassemblés", a-t-il ajouté, s'appuyant sur la majorité absolue (53,6%) que lui ont donné les militants le 9 novembre.
(Laurent Fabius/Jean-Pierre Muller/AFP)
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