Villepin : "toute la lumière sera faite" sur l'accident de Clichy

Par Par A.Ga. (avec AFP), le 01 novembre 2005 à 18h08 , mis à jour le 01 novembre 2005 à 22h10

Le Premier ministre a reçu mardi en présence de Nicolas Sarkozy, les familles des deux adolescents électrocutés à Clichy-sous-Bois. Il a insisté sur la nécessité d'un retour au calme.

famille clichy matignon

A l'issue d'une heure et demi de réunion, cette promesse du Premier ministre : que "toute la lumière sera faite sur les circonstances de cet accident". Dominique de Villepin a reçu mardi après-midi les familles des deux adolescents morts électrocutés jeudi à Clichy-sous-Bois.

En présence du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, le chef du gouvernement a insisté sur "la nécessité d'un retour au calme" et témoigné aux proches endeuillés "sa profonde sympathie" et "son appui dans cette terrible épreuve". Une enquête préliminaire du Parquet de Bobigny et une enquête administrative de l'Inspection générale des services sont actuellement en cours : "leurs conclusions seront portées à la connaissance des familles dès que possible", a déclaré le Premier ministre.

"Soutien sans faille"

Dominique de Villepin également "insisté sur la nécessité d'un retour au calme et du rétablissement de l'ordre public, dont les forces de l'ordre ont la responsabilité". Le locataire de Matignon a exprimé aux policiers "son soutien sans faille dans cette tâche difficile" et a marqué "sa volonté d'éviter toute incompréhension susceptibles de conduire à de nouveaux affrontements".

Une réunion présidée par le numéro 2 du gouvernement devait avoir lieu à 22 heures place Beauvau afin "d'ouvrir un dialogue", "dans un esprit de respect mutuel", pour apporter "des solutions concrètes" aux difficultés rencontrées à Clichy.

Peu avant, le numéro 2 du gouvernement avait reçu un groupe de jeunes d'Argenteuil, une commune du Val d'Oise. Au menu des discussions : réinsertion, scolarité, discrimination, chômage, façons de parler des banlieues. "Tous les sujets, en particulier ceux à caractère polémique, ont été abordés avec le ministre", a indiqué Djamel, 19 ans, étudiant en 2e année de droit. "Le dialogue s'est instauré et plusieurs débats ont été ouverts", a pour sa part relevé Kader, 21 ans, agent de sûreté aéroportuaire à Roissy "en CDD qui vient de se terminer". Tous ont convenu que pour Nicolas Sarkozy, il n'y "avait pas d'amalgame entre 'jeunes' et voyous".

Contagion de violence

De nouvelles violences se sont produites lundi soir, pour la cinquième nuit consécutive, en Seine-Saint-Denis. Les violences urbaines démarrées jeudi soir à Clichy-sous-Bois ont "fait des émules" à Aulnay-sous-Bois, Bondy, Tremblay-en-France et Neuilly-sur-Marne. 68 voitures ont été incendiées en une seule nuit dans le département, selon la police. Des troubles ont également été signalés à Chelles (Seine-et-Marne), ville limitrophe de Montfermeil, où sept voitures ont été incendiées, d'après la police qui a fait état de jets de pierre.

A Clichy-sous-Bois 13 personnes ont été placées en garde à vue pour "destruction de biens", "détention de substances incendiaires" ou "violences volontaires". Ces nouvelles arrestations ont suivi les condamnations de trois émeutiers, lundi par le tribunal de Bobigny, à deux mois de prison ferme pour avoir lancé des projectiles contre des policiers.

Les quatre jeunes mineurs interpellés lors des émeutes du week-end à Clichy-sous-Bois ont été remis en liberté mardi à la suite de leur comparution devant un juge des enfants du tribunal de Bobigny. Les huit autres, des adultes étaient toujours mardi soir en cours de présentation devant le juge des libertés et de la détention avant leur procès en comparution immédiate prévu mercredi. Le dispositif policier des derniers jours - 400 hommes - sera reconduit mardi soir à Clichy-sous-Bois, a annoncé la Sûreté départementale.

Azouz Begag dénonce la "sémantique guerrière" de Sarkozy

Dans deux interviews parues dans le Parisien-Aujourd'hui en France et Libération, Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, originaire de la banlieue lyonnaise, réaffirme sa désapprobation des termes ("Kärcher", "racaille") employés par son collègue à l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Je conteste cette méthode de se laisser déborder par une sémantique guerrière, imprécise", dit-il à Libération. Dans le Parisien, il fait son "mea culpa". "Ca fait cinq mois que je suis au gouvernement et je n'ai pas été assez incisif, j'ai été trop faible". "A moi de faire le tour des ministres" pour "leur expliquer ce qui se passe réellement dans ces quartiers où l'on souffre", dit-il. "A moi d'aller voir Sarkozy pour qu'on trouve des solutions ensemble, qu'on répare les malentendus, qu'on apaise les passions", ajoute Azouz Begag.

(Les familles des victimes à Matignon mardi/DR)

Par Par A.Ga. (avec AFP) le 01 novembre 2005 à 18:08
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