Violences en baisse, état d'urgence prolongé ?

le 13 novembre 2005 à 19h31 , mis à jour le 13 novembre 2005 à 22h02

Un conseil des ministres avancé doit se réunir ce lundi. Il devrait examiner un texte visant à prolonger l'état d'urgence au delà des 12 jours fixés par la loi de 1955. Sur l'ensemble du territoire, la décrue de la violence semble se confirmer.

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Alors que les troubles semblent en recul en région parisienne mais se poursuivent en province, un conseil des ministres avancé se tiendra ce lundi. Il pourrait examiner un projet de loi permettant au gouvernement de prolonger l'état d'urgence au delà des 12 jours fixés dans la loi du 3 avril 1955. Ce texte serait soumis dans la foulée au Parlement. Cette mesure exceptionnelle, jamais appliquée à l'ensemble du territoire depuis la guerre d'Algérie, a été décrétée le 8 novembre. Elle a permis au Premier ministre Dominique de Villepin de reprendre la main et de susciter un choc dans l'opinion, très majoritairement acquise à cette décision, selon les sondages. Nicolas Sarkozy arrive toutefois en tête des personnalités auxquelles les Français font "confiance pour apporter des solutions aux problèmes des banlieues", selon une enquête d'Ifop pour le Journal du dimanche, devançant d'un point le Premier ministre avec 53% d'opinions positives.

La décrue des violences s'est accentuée dans la nuit de samedi à dimanche (374 véhicules incendiés sur tout le territoire, contre 502 la veille), la police parlant même de "grande accalmie" (lire Violences urbaines : tendance à l'accalmie). Dimanche soir, cette baisse semblait se confirmer : à 22 heures, les seuls incidents graves signalés étaient une voiture enflammée dans la cour d'une maternelle à Toulouse, outre six véhicules brûlés dans la même ville, et des feux isolés de voitures dans l'agglomération strasbourgeoise. Dans la région de Lyon, un couvre-feu a été décrété samedi dans onze communes du Rhône pour les nuits de samedi à lundi. Cette mesure a été étendue à une douzième commune pour la nuit de dimanche à lundi. Lors de la première nuit, neuf mineurs ont été interpellés dans ce cadre, dont 4 placés en garde-à-vue pour des dégradations. Mesure supplémentaire, les rassemblements ont par ailleurs été interdits en centre-ville durant la journée de dimanche (lire : Rassemblements interdits dans le centre de Lyon), une mesure qui avait déjà été prise avant cela à Paris (lire : Paris se prémunit des violences).

Les raisons de la baisse des violences

L'état d'urgence ne s'est pourtant que très partiellement traduit sur le terrain, avec peu de couvre-feux imposés. De sorte que si les partisans du Premier ministre affirment que l'instauration de l'état d'urgence, arme psychologique dissuasive, a été le vrai "tournant" dans la crise, les sarkozystes estiment, eux, que ce sont les interpellations en masse, donc le travail de la police, qui ont permis la décrue des violences. Depuis l'imposition d'un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés dans une quarantaine de villes, les forces de l'ordre ont enregistré peu d'infractions, et recensé une baisse des violences dans ces zones, selon des sources préfectorales. Mais la baisse a aussi été sensible hors de ces zones, même s'il restait encore ce week-end des "poches" résiduelles de violences, comme en ont témoigné les heurts à Lyon et dans la région toulousaine.

Quatorze communes des Alpes-Maritimes étaient encore concernées dimanche par l'arrêté de couvre-feu pris mercredi et jusqu'au 20 novembre. Dans la Somme, où un couvre-feu a été instauré à Amiens dès mercredi soir, une dizaine de mineurs ont été arrêtés depuis le début de la mesure et remis à leurs parents. En Aquitaine, deux communes des Landes sont concernées par cette mesure depuis vendredi et jusqu'au 14 novembre. En Seine-Maritime, 3 mineurs en moyenne sont interpellés chaque nuit dans les quatre villes concernées par un couvre-feu. Depuis le début de la mesure, le nombre de voitures brûlées est passé d'une trentaine par nuit à entre 10 et 15. Dans le Loiret, une mesure de couvre-feu concerne six communes depuis le 9 et jusqu'au 16 novembre. A Evreux, un couvre-feu a été instauré depuis le 9 novembre pour douze jours sur un périmètre restreint, mais il concerne tous les habitants, majeurs et mineurs.

En tout, les forces de l'ordre ont procédé à 2.652 arrestations depuis le début des troubles et 375 personnes ont déjà été condamnées à de la prison ferme.

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Photo d'ouverture : archives

le 13 novembre 2005 à 19:31
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