Les violences gagnent la province

le 05 novembre 2005 à 07h36 , mis à jour le 05 novembre 2005 à 19h09

897 véhicules ont brûlé la nuit dernière dans l'hexagone et 253 personnes interpellées. Un quart de ces incidents a eu lieu en province. Pour Yves Bot, procureur général de Paris, il s'agit de "violences organisées".

meudon voitures brûlées

La France a connu de nouvelles violences urbaines, pour la neuvième nuit consécutive, avec 897 véhicules incendiés sur tout le territoire français dont  656 en Ile-de-France, a indiqué samedi matin sur Europe 1 Yves Bot, procureur  général de Paris. Un précédent bilan, donné vers 5h30 par la police faisait état de 754 véhicules brûlés. Apparu la veille, le phénomène a crû en province, avec 241 véhicules brûlés contre 77 la nuit précédente. Les départements les plus touchés sont le Nord (43 véhicules), le Bas-Rhin (17), le Loiret (13), et un autre, l'Ille-et-Vilaine (23), peu habitué aux violences urbaines. Près de Rouen, les chauffeurs de la compagnie des transports en commun d'Elbeuf (Seine-Maritime) ont décidé d'exercer leur "droit de retrait" et  n'ont pas pris leur service samedi matin, après la destruction par incendie d'un  bus de leur société.

"Violences organisées"

Les autorités ont par ailleurs procédé à l'interpellation de 253  fauteurs de troubles. Un chiffre en forte hausse. Yves Bot a estimé à propos de ces événements qu'il s'agissait de "violences organisées". "Par qui ? s'est-il interrogé. Si j'étais en mesure d'apporter une réponse précise, les personnes seraient déjà sous les verrous". En Seine-Saint-Denis, quelque 1.400 policiers, gendarmes et CRS avaient été déployés pour la nuit. Un hélicoptère muni d'un projecteur-caméra avait même été dépêché sur place. Parmi les principaux incidents recensés, figurent  les incendies, à Aubervilliers, de deux entrepôts de textiles, et à Pierrefitte-sur-Seine un engin incendiaire a été lancé "sur le mur d'une synagogue". Toujours à Pierrefitte, plus d'une centaine de personnes ont été évacuées pendant la nuit après le déclenchement d'un incendie dans un parking souterrain sous leurs immeubles. A noter également l'incendie d'une école maternelle d'Achères (Yvelines) et celui du collège Jean-Monet de Torcy (Seine-et-Marne), à moitié détruit. A Meaux (Seine-et-Marne) un véhicule des sapeurs-pompiers a été détruit, tandis qu'à Champigny (Val-de-Marne), un bus a été vidé de ses occupants et incendié. A Suresnes (Hauts-de-Seine), un incendie s'est propagé de véhicule en véhicule dans un parking souterrain, entraînant la destruction de 36 voitures. A Meudon, quatre autres voitures ont brûlé.

Un enfant de 10 ans arrêté

A Clamart, selon une source policière, un enfant de dix ans a été interpellé avec une bouteille d'essence dans les mains tandis que dans le même département, à Boulogne, la police a arrêté un fauteur de trouble qui aurait aspergé quinze véhicules légers. Dans l'Essonne, un policier a été blessé par deux pavés dans le quartier de Coquibus, proche de la cité sensible des Tarterêts de Corbeil-Essonnes où une concession Opel et un dépôt de pneus, ont été incendiés. La mairie de Saint-Michel-sur-Orge a été ravagée en partie par un incendie tandis qu'une école maternelle et primaire à Brétigny-sur-Orge a été détruite en partie. Aucun affrontement n'a en revanche été relevé au cours de la nuit, ce qui confirme la stratégie d'évitement de la confrontation avec les forces de l'ordre adoptée depuis la nuit précédente par les fauteurs de troubles.

Ces nouvelles violences sont intervenues quelques heures seulement après que Dominique de Villepin eut reçu à Matignon seize jeunes de 18 à 25 ans issus de quartiers sensibles pour évoquer avec eux les difficultés des banlieues et les solutions à y apporter (lire Villepin reçoit les jeunes à Matignon).

Des pompiers de province viennent épauler leurs collègues parisiens

Des renforts de pompiers venus de province ont été envoyés en Ile-de-France afin d'"épauler" leurs confrères parisiens et de leur "permettre de souffler et de remettre en état" un matériel éprouvé par neuf nuits d'émeutes, a indiqué samedi un porte-parole des pompiers de Paris. Venus de plusieurs départements, ces renforts ne devraient pas intervenir sur les lieux d'émeutes et d'incendies provoqués par des fauteurs de troubles, mais décharger leurs collègues des tâches habituelles.

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Photo : voitures incendiées la nuit dernière à Meudon (Hauts-de-Seine)

le 05 novembre 2005 à 07:36
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