© afpLa police a fait état jeudi matin d'un "retour à une situation normale partout en France" dans la nuit de mercredi à jeudi, après la vague de violences entamée dans les banlieues le 27 octobre. 98 véhicules ont été incendiés, ce qui représente la moyenne habituelle enregistrée chaque nuit en France, a précisé la direction générale de la police nationale (DGPN). Aucun affrontement ou incendie de bâtiment, public ou privé, n'a été relevé. Trente-trois personnes ont été interpellées, ce qui démontre que "la mobilisation policière reste très forte", a indiqué un responsable policier.
Mercredi soir, le Parlement a définitivement approuvé la prorogation pour trois mois de l'état d'urgence, jusqu'en février. Défendu par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le projet de loi a recueilli 202 voix contre 125, celles des groupes PS et PCF, et des radicaux de gauche. Pendant que le Sénat adoptait définitivement ce texte, plus de 2000 personnes ont participé à une manifestation Place Saint-Michel à Paris (VIe) contre "l'état d'exception" à l'appel de la Ligue des droits de l'Homme, d'une cinquantaine d'associations, de syndicats et de partis politiques.
Par ailleurs, Arnaud Montebourg, cofondateur du Nouveau parti socialiste au sein du PS, a appuyé jeudi la demande de certains assureurs réclamant que l'Etat indemnise "rapidement et intégralement" les victimes des violences urbaines. Dans une tribune publiée par Le Figaro, le député socialiste de Saône-et-Loire a estimé que le gouvernement devait "faire jouer la solidarité nationale" en appliquant la loi du 7 janvier 1983". Cette législation stipule que "l'Etat est civilement responsable" des dégâts et dommages commis "par des attroupements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens".
| 9000 voitures brûlées, 600 personnes écrouées |
Selon un total établi par la DGPN, 9071 véhicules ont été brûlés depuis le début des émeutes. Par comparaison, environ 28.000 véhicules avaient été détruits entre le 1er janvier et le 30 septembre. Des dizaines d'édifices publics, écoles, gymnases, entrepôts, commerces, médiathèque ont également été incendiés, plaçant des centaines de personnes en "chômage technique". Durant ces troubles, qui ont mobilisé plus de 11.000 policiers à leur pic, 2921 fauteurs de troubles présumés ont été interpellés, dont un gros tiers de mineurs, selon des sources policières. 126 policiers et gendarmes ont été blessés durant ces affrontements. Au total, environ 600 personnes ont été écrouées, dont un peu plus d'une centaine de mineurs. |
D'après AFP
(Image d'archive)
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