
"Ce sont des voyous, des racailles, je persiste et je signe". Invité sur France 2 jeudi soir, Nicolas Sarkozy ne regrettte aucun des mots qu'il a employé. Ceux qui estiment que son vocable est à l'origine des violentes émeutes qui agitent la France depuis maintenant 15 jours ont tort. "J'aimerais bien que l'on vienne me dire bien en face, quelqu'un qui ose frapper un pompier, qui jette des pierres sur un pompier, qui balance du haut de la tour une machine à laver sur un pompier, on l'appelle comment ?". "Jeune homme ? Monsieur ? On l'appelle un voyou parce que c'est un voyou", a-t-il insisté. "Quand je dis il y a des racailles, eux-mêmes s'appellent comme cela. Arrêtez de les appeler des jeunes", a-t-il dit. Quant aux critiques adressées par le footballeur Lilian Thuram, "énervé" par ces termes, il a déclaré que le footballeur, qui "gagne très bien sa vie", n'était pas "concerné" par cela et "n'habite plus dans ces quartiers" depuis longtemps.
Se faisant le porte-parole des habitants des cités dans lesquelles il s'est rendu toutes les nuits "depuis 14 jours", le ministre a évoqué leur sentiment d'insécurité, qui les conduit aussi à ne plus voter car "on ne croit plus dans le discours des hommes politiques". Les gens, a-t-il affirmé, après avoir évoqué la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002, puis la victoire du non au référendum sur la constitution européenne, lui disent : "débarrassez-nous des trafics, des traficants, de ceux qui demandent aux mineurs de faire le guêt pour le trafic de la drogue (...), qui nous empoisonnent la vie". "Vous croyez que c'est amusant de rentrer chez soi la peur au ventre ?", a-t-il insisté.
Sur la diminution progressive des violences depuis trois jours, le ministre de l'Intérieur s'est gardé de tout triomphalisme: "cela ne veut pas dire que cela ne peut pas repartir car les raisons structurelles ne sont pas résolues", a-t-il dit. Selon un sondage BVA pour Le Figaro et LCI, rendu public jeudi, 56% des Français approuvent l'attitude du ministre de l'Intérieur face aux violences urbaines, contre 40% qui la désapprouvent (lire l'article).
Photo : Nicolas Sarkozy sur France 2, jeudi soir
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