Renforts de police déployés à Clichy-sous-Bois vendredi soirSelon un bilan définitif fourni vers 9h30 ce matin par la direction générale de la police nationale, 374 véhicules ont été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche. C'est 128 de moins que la nuit précédente et plus de trois fois moins que le week-end dernier. Par ailleurs, 212 personnes ont été interpellées. La tendance générale est donc à l'accalmie, même si quelques affrontements persistent. Ainsi, deux policiers ont été blessés lors de cette 17ème nuit de violence urbaine, dont l'un a été hospitalisé après avoir été atteint par une boule de pétanque lâchée du haut d'une tour à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Ses jours ne sont pas en danger.
Paris épargné, échauffourées à Lyon
Aucune violence n'a été signalée à Paris, qui avait été placée sous haute surveillance, la police voulant parer une éventuelle "descente" des jeunes banlieusards sur la capitale (lire l'article). En revanche, avant même la nuit, des incidents se sont produits place Bellecour à Lyon, quelques heures avant l'entrée en vigueur d'un couvre-feu pour les mineurs (lire l'article). Ce sont les premiers incidents en centre-ville depuis le début des violences urbaines le 27 octobre, après la mort par électrocution de deux adolescents qui, se croyant poursuivis par la police, s'étaient réfugiés dans un transformateur.
Dans la nuit, des voitures ont par ailleurs été incendiées dans l'Est, dans les agglomérations toulousaine et lyonnaise notamment, mais Carpentras (Vaucluse) a été le théâtre de nombreux incidents, a relevé la police, avec une maternelle incendiée, une voiture brûlée devant un foyer du 3e âge et une attaque à la voiture-bélier contre une école. La veille, dans la même ville, la mosquée avait été la cible de jet d'engins incendiaires sans qu'on sache si cet acte est lié aux violences urbaines (lire l'article).
Procédures d'expulsions "en cours"
Pour la première fois, samedi, la police de la région parisienne a manifesté de la grogne (lire l‘article) : la section Seine-Saint-Denis d'Alliance, 1er syndicat des gardiens de la paix, a même appelé les policiers à observer un service minimum, pour protester contre l'incarcération d'un des cinq policiers poursuivis pour l'agression d'un jeune de 19 ans, lundi à La Courneuve.
En début de soirée, Nicolas Sarkozy a reçu un rude accueil lors d'une brève visite sur les Champs-Elysées (lire l'article) qui a provoqué bousculades, huées et insultes, couvrant les applaudissements de ses supporteurs, alors qu'il venait inspecter le dispositif de sécurité. Toutefois, selon un sondage Ifop paru ce matin dans le Journal du Dimanche, 53% des Français lui font confiance pour apporter des solutions aux problèmes des banlieues, alors que Jacques Chirac n'est plébiscité qu'à 29%. Plus tôt, le Conseil d'Etat avait rejeté une requête en référé de SOS-Racisme contestant l'annonce des mesures d'expulsions d'étrangers condamnés pour des violences urbaines. Des procédures sont déjà "en cours", a annoncé samedi soir le ministre (lire l'article).
Chers lecteurs, depuis le début des violences en banlieue, vous êtes extrêmement nombreux à réagir sur notre site infos. Nous vous en remercions. Mais compte tenu du nombre de réactions envoyées, il est devenu impossible de les publier en conciliant nos objectifs de rigueur, d'objectivité et de réactivité. Nous sommes donc contraints de suspendre momentanément la publication des avis sur ce sujet. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre fidélité.
364 condamnations à de la prison ferme |
Trois cent soixante quatre personnes ont été condamnées à des peines d'emprisonnement ferme pour avoir participé aux violences urbaines depuis le début des émeutes, selon un nouveau bilan publié samedi par le ministère de la Justice. Selon ce bilan, 2.503 personnes ont été placées en garde à vue depuis le 29 octobre, 593 majeurs ont fait ou vont faire l'objet de comparutions immédiates, tandis que 98 majeurs ont fait l'objet de convocations par procès-verbal. Quarante-trois majeurs ont été condamnés à des peines autres que de l'emprisonnement ferme (sursis, sursis avec mise à l'épreuve ou travail d'intérêt général), tandis que 41 ont été relaxés. Quatre cent cinquante six mineurs ont été présentés à un juge des enfants, dont 103 ont été placés sous mandat de dépôt. Au total, 568 personnes ont été écrouées, soit 465 majeurs et 103 mineurs. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




