
Le lycéen, âgé de 18 ans, qui a reconnu avoir agressé vendredi son enseignante dans son lycée d'Etampes, dans l'Essonne, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat" et écroué à Fleury Mérogis lundi soir.
La police dans les lycées ?
L'avocate de l'enseignante continuait lundi d'évoquer une possibilité de plainte contre l'Etat. Victime de menaces de viols et de meurtre, selon son avocat, la professeure aurait alerté sa hiérarchie qui n'aurait pas réagi. Le ministre de l'Education nationale a expliqué que Karen Montet-Toutain avait "envoyé le 6 décembre un courriel à son inspectrice pédagogique faisant état de difficultés qu'elle avait avec une autre classe". Il a ajouté que l'inspectrice avait "rencontré" l'enseignante le 9 décembre et devait la revoir le 9 janvier. "Mme Montet-Toutain n'a pas effectué d'autres démarches ni auprès du rectorat ni auprès de l'inspection d'académie, et la proviseure du lycée nous a indiqué ne pas avoir été avertie ni par oral ni par écrit par Mme Montet-Toutain", a précisé Gilles de Robien.
Si l'enseignante dépose plainte, "dans les circonstances actuelles, il s'agit d'une attitude humaine que je comprends", a-t-il cependant admis, tout en répétant que "l'Education nationale n'est pas en cause dans ce drame mais la société dans son ensemble". Le ministre a par ailleurs proposé de "réfléchir" à la mise en place dans les établissements scolaires d'une permanence "de la justice ou de la police pour pouvoir permettre aux profs, aux personnels, de se confier".
Scolarisé en BEP de vente-action marchande, le lycéen s'était présenté en cours vendredi "très énervé", selon un de ses camarades. La jeune enseignante lui demandant de se tenir correctement, le ton est monté et le garçon a sorti un couteau de cuisine de sa ceinture la frappant à l'abdomen, au coude et à l'épaule.
"Taciturne et plutôt prostré"
Selon l'inspectrice d'académie de l'Essonne, Marie-Louise Testenoire, le jeune homme, en échec scolaire et qui a changé d'établissements plusieurs fois au cours de sa scolarité en raison de déménagements familiaux, était connu pour son absentéisme mais n'a jamais été exclu d'aucun établissement. Il avait cependant fait l'objet d'une mesure d'exclusion de trois jours le 9 décembre pour "comportement injurieux". Selon Marie-Louise Testenoire, sa mère avait alors rencontré l'enseignante et, selon les premiers éléments de l'enquête, le jeune homme n'aurait pas supporté les remontrances de sa mère à l'issue de cette entrevue.
"C'est un garçon potentiellement à risques. En fait, il ne supporte pas les contraintes et conteste les consignes de l'école", a estimé une source proche de l'enquête, qui a décrit un jeune homme "taciturne et plutôt prostré". Son avocat, Me Christophe Gouget, a indiqué à l'AFP que son client "était dépressif et très conscient de la gravité de son acte", et que "la seule chose qui le soulage est de savoir qu'elle est tirée d'affaire". L'époux de la victime a évoqué un climat menaçant, également dénoncé par des collègues qui exerceront leur droit de retrait à la rentrée.
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