© AFP - Patrick BernardLa Cour d'assises de Gironde a condamné vendredi Roland Cazaux, 47 ans, dit "le chat", à 14 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers pour 36 viols et tentatives. La Cour l'a, en outre, condamné à un suivi socio-judiciaire de 15 années à partir de sa sortie de prison et à une obligation de soins. Elle a exigé également qu'il s'abstienne d'entrer en relation avec les victimes. S'il ne satisfait pas à ces obligations, il encourt une peine supplémentaire de 5 ans d'emprisonnement. Par ailleurs, les jurés ont prononcé une peine d'interdiction de séjour pendant une durée de 10 ans sur les territoires de Gironde et des Landes, comme l'avait demandé l'avocat général, étendant même cette interdiction au département des Pyrénées-Atlantiques.
L'avocat général Michel Bréard avait requis jeudi la peine maximale de 15 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers et accompagnée de mesures complémentaires. Les jurés sont allés au delà des réquisitions de l'avocat général sur "les peines complémentaires". Un dispositif que Michel Bréard avait justifié pour garantir la "sécurité et la tranquillité des victimes".
L'horreur de l'agression et le traumatisme des victimes
Les jurés n'ont pas été sensibles aux arguments de la défense qui a mis en avant le comportement de Roland Cazaux depuis sa détention. Le violeur s'est notamment engagé dans une thérapie et a surtout reconnu l'ensemble des agressions. L'un de ses avocats, Me Stéphane Guitard, avait ainsi proposé comme alternative à "la peine maximale" demandée par le ministère public "qu'un investissement soit fait pour soigner". L'accusé lui-même, lors d'une ultime prise de parole, a déclaré qu'il continuerait à se soigner, "pour ne plus faire de mal à qui que ce soit. Des déclarations qui n'ont pas contrebalancé le "pronostic réservé" des experts psychiatres et psychologue qui mardi avaient émis des réserves sur "l'avenir" de Roland Cazaux.
Roland Cazaux, que les enquêteurs avaient surnommé "le chat", avait fait régner, entre 1985 et 2002, une véritable terreur sur les quartiers résidentiels d'Arcachon, de la Teste (Gironde) ou d'Hossegor (Landes). Il avait pris l'habitude d'épier des femmes seules et de tout âge qu'il agressait pendant leur sommeil. Le violeur en série préparait méticuleusement ses crimes en reconnaissant les lieux, volant parfois des clés et prenant systématiquement soin de couper l'électricité. Ainsi, aucune de ses trente-six victimes n'a pu voir son visage avant le procès. Durant ces trois semaines d'audience, une trentaine de victimes de Roland Cazaux sont venues déposer à la barre racontant "l'horreur" de leur agression, leur sentiment commun d'une "mort imminente". Elles ont aussi évoqué les symptômes "post traumatiques" qui ont suivi : la perte de sommeil, les angoisses ou encore l'alcoolisme pour certaines. A la sortie de l'audience, l'une d'elle a déclaré que ce procès était "une véritable renaissance" et qu'elle allait "pouvoir passer à autre chose".
Photo d'ouverture : Roland Cazaux, dit "le chat", au premier jour de son procès - AFP - Patrick Bernard
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