© LCIDécembre 2000 , des enfants abusés : les services sociaux de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais signalent des soupçons d'abus sexuels sur des enfants par leurs parents à Outreau. Les faits se seraient déroulés entre 1995 et 2000 dans l'appartement de Thierry et Myriam Delay, dans le quartier HLM de la Tour du Renard, à Outreau, près de Boulogne-sur-Mer. Le père, très violent, bat ses fils et les viole régulièrement. Le couple aurait tout d'abord "loué" ses quatre enfants à des créanciers pour éponger ses dettes. Deux ménages voisins auraient ensuite fait de même, transformant les soirées en orgies pédophiles. Les viols auraient été filmés et les cassettes revendues. Au total, une quinzaine d'enfants du secteur, âgés de quatre à douze ans, auraient été abusés, avec l'assentiment de leurs parents.
Février 2001, début de l'information judiciaire : une information judiciaire est ouverte pour viols et agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme. Les parents des enfants agressés Thierry et Myriam Delay sont mis en examen et écroués. Sept autres personnes, dont une boulangère ambulante, sont écrouées en mars, avril et mai. En novembre de la même année, six nouveaux suspects sont arrêtés dont un huissier et son épouse, un chauffeur de taxi et un prêtre-ouvrier. Une vingtaine d'enfants victimes sont identifiés, dont ceux de trois couples mis en examen.
En juin 2002, un ferrailleur de 33 ans, suspect, se suicide en prison.
Juin 2003, 17 personnes aux assises : Elles sont renvoyées aux assises malgré une demande de non-lieu du juge pour le mari de la boulangère et du procureur pour la femme de l'huissier.
Mai 2004, ouverture du procès : Deux des principales accusées Myriam Delay et Aurélie Grenon avouent les viols et impliquent les autres accusés. Le 10 mai, Thierry Delay avoue le viol de ses enfants après trois ans de dénégations et disculpe tous les autres accusés, sauf sa femme. David Delplanque, compagnon d'Aurélie Grenon, reconnait qu'il avait accusé à tort certaines personnes. L'homme, a également exclu que ses propres enfants, partie civile dans le procès, aient été violés. En revanche, Delplanque a reconnu le viol en réunion, de septembre à décembre 1998, des quatre enfants Delay, avec leurs parents et sa compagne. Puis c'est au tour de Myriam Delay et d'Aurélie Grenon de disculper 13 des 17 accusés. La théorie du réseau pédophile s'écroule.
2 juillet 2004, premiers acquittements : la cour d'assises acquitte sept des 17 accusés et condamne notamment Thierry et Myriam Delay à 20 et 15 ans de réclusion criminelle. Le ministre de la Justice Dominique Perben exprime ses "regrets" aux personnes acquittées. Six des dix condamnés font appel. Les sept acquittés demandent à l'Etat de reconnaître une "faute lourde". Une provision de 100.000 euros chacun leur est accordée.
Avril 2005, report du procès en appel : le procès en appel est reporté après l'ouverture d'une nouvelle enquête sur une possible homonymie entre l'un des accusés Daniel Legrand et "Dany" dit "le grand", un habitant d'Outreau. Dans un courrier remis à la cour d'assises, Thierry Delay proclame que les six accusés "sont tous innocents". Le 16 novembre, les accusations de viols qui pesaient depuis plus de quatre ans contre l'abbé Dominique Wiel s'effondrent avec la rétractation des deux enfants qui le mettaient en cause. Le 18 novembre, la principale accusatrice de l'affaire, Myriam Badaoui, avoue avoir "menti" et disculpe les six accusés. Le 30 novembre, l'avocat général Yves Jannier requiert l'acquittement des six accusés. Le procureur général de la cour d'appel de Paris Yves Bot exprime ses "regrets" aux accusés.
1er décembre 2005 : acquitement général pour les 6 accusés.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



