Côte d'Ivoire : le général Poncet assume avoir couvert le meurtre

le 17 décembre 2005 à 10h54 , mis à jour le 17 décembre 2005 à 10h58

Le général Henri Poncet aurait déclaré mardi lors de son audition devant la juge d'instruction qu'il "assume" avoir couvert le meurtre de Firmin Mahé en Côte d'Ivoire en mai 2005. Mais il dément avoir donné un ordre, même implicite.

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Le général Henri Poncet, ancien commandant de la force "Licorne" en Côte d'Ivoire, a indiqué mardi lors de son audition par Brigitte Raynaud, la juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris, qu'il assumait avoir couvert le meurtre de Firmin Mahé en Côte d'Ivoire en mai 2005, selon des sources proches du dossier citées par l'AFP. Mais le général a "formellement démenti" avoir donné un ordre explicite ou implicite visant à faire tuer Mahé, ainsi que l'avait déclaré à la presse son avocat Me Jean-René Farthouat. Selon les mêmes sources, le général de corps d'armée a indiqué avoir couvert cette affaire, parce qu'il voulait éviter des violences anti-françaises telles que celles qui avaient suivi des vols commis par des soldats de "Licorne" dans une succursale de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest à Man en septembre 2004.

"Vous roulez doucement"

Le colonel Eric Burgaud avait mis en cause le général Poncet devant les enquêteurs et la juge d'instruction. "Vous le remontez à Man. Vous roulez doucement. Vous me comprenez", aurait indiqué le général à son subordonné après avoir appris la capture de Mahé, blessé à la jambe le 13 mai 2005 vers 18h. Mahé, présenté par l'armée comme un bandit de grand chemin, est mort étouffé sous un sac en plastique dans un véhicule blindé léger, après avoir été arrêté par des soldats français. Face à cette mise en cause, le général, qui reconnaît toutefois avoir été en contact téléphonique avec son subordonné le jour des faits, a répondu à la juge: "Burgaud ment dans les propos qu'il me prête". Selon lui, le colonel cherchait à "se justifier" d'avoir lui-même transmis cet ordre. Selon une source proche du dossier, le général a indiqué qu'il aurait été "stupide" de donner un ordre illégal à quelqu'un qu'il connaissait depuis environ trois mois seulement. Interrogé par l'AFP sur ces déclarations concernant son client, l'avocat du colonel Burgaud, Me Alexis Gublin, n'a pas souhaité s'exprimer.

Le général Poncet a été mis en examen mardi pour "complicité d'homicide volontaire". Le colonel Burgaud est poursuivi du même chef, ainsi que le brigadier Lianrifou Ben Youssouf, qui conduisait le véhicule où Mahé a été tué. Les deux auteurs présumés du meurtre, l'adjudant-chef Guy Raugel et le brigadier-chef Johannes Schnier sont poursuivis pour "homicide volontaire".

(D'après AFP)

(Image d'archives : le général Henri Poncet)

le 17 décembre 2005 à 10:54
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1 Commentaires

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  • Arthur, le 17/12/2005 à 14h20

    Ah les histoires de l'armée française, ou comment un mensonge peut survivre sous couvert des mots nation , protection ou défence... Encore un révélateur que notre armé manqua d'une certaine "intelligence morale"... sans rancune

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