"Croire en la France"

le 31 décembre 2005 à 17h08 , mis à jour le 31 décembre 2005 à 21h48

Violences urbaines, chômage, non au référendum européen : ces sujets de tension ont été évoqués samedi soir par le chef de l'Etat dès le début de ses traditionnels voeux aux Français. Mais il a surtout tenu à souligner les succès de la France, et annoncé que le gouvernement allait "accélérer" son action dans des domaines aussi divers que l'égalité des chances, la délinquance et l'école.

reveillon_chirac_voeux1

"Croire en la France" : ceci pourrait résumer le fond de l'allocution de Jacques Chirac, qui s'est adressé samedi soir aux Français lors des traditionnels voeux. Pour la deuxième fois à la télévision, il portait des lunettes, probablement pour lire le prompteur comme il l'avait déjà fait dans son intervention après les émeutes dans les banlieues en novembre. Les sujets de tension n'étaient pas absents de ces voeux : les premiers mots du chef de l'Etat ont ainsi été pour les proches de l'otage français en Irak. "Je veux dire à la famille de Bernard Planche que les pouvoirs publics sont pleinement mobilisés pour obtenir sa libération", a-t-il assuré. Avant d'embrayer sur la lutte contre le chômage : "C'est un fléau, source de tant de difficultés, de malheurs, de blocages". Mais "depuis huit mois, mois après mois, le chômage baisse: déjà près de 160.000 chômeurs de moins. C'est la preuve que vos efforts, que les réformes en profondeur engagées depuis 2002 et que l'action résolue du gouvernement commencent à porter leurs fruits", s'est-il félicité.

Autres sujets difficiles qui ont marqué l'année 2005 : sur le plan de la construction européenne, le non à la Constitution ; sur le plan intérieur, les violences urbaines... "L'année 2005 a vu s'exprimer les tensions et les interrogations qui traversent notre société: le non au référendum et la crise des banlieues en portent le témoignage", a admis Jacques Chirac. Mais il a surtout souligné les succès de la France et appelé les Français à agir ensemble pour leur pays.  "Mes chers compatriotes, il faut croire en la France. Nous devons retrouver toute la force mobilisatrice et le sens profondément moderne du mot patriotisme : aimer son pays, en être fier, agir pour lui. Ensemble, nous allons accélérer notre action et nous inscrire dans un projet collectif. Ce projet n'est pas à inventer, il est à faire vivre, dans les principes et dans les actes: ce projet, c'est la République".

Energie et numérique, priorités de la politique industrielle

Pour cela, il s'est engagé à "intensifier la lutte" contre la délinquance, l'immigration clandestine ou le communautarisme et à accroître l'action en faveur de l'école ou de l'égalité des chances. Il a annoncé que le gouvernement, pour "renforcer nos atouts pour l'emploi et garantir un haut niveau de protection sociale", allait "ouvrir le chantier de la réforme (du) financement" de la protection sociale : "Aujourd'hui, plus une entreprise licencie, plus elle délocalise et moins elle paye de charges. Il faut que notre système de cotisations patronales favorise les entreprises qui emploient en France". Jacques Chirac a également évoqué la mise en place, en concertation avec les partenaires sociaux, d'une "véritable sécurisation des parcours professionnels" fondée sur le droit à une formation tout au long de la vie de travail.

Il a indiqué par ailleurs qu'il avait décidé de faire de l'énergie et du numérique "les deux priorités" de la politique industrielle. "La bataille de la mondialisation et de l'emploi, nous la gagnerons aussi par l'innovation, en allant au devant des progrès technologiques. Aujourd'hui, nous sommes confrontés simultanément à deux révolutions industrielles majeures: l'énergie, avec l'après-pétrole qui est la grande affaire du siècle. Et le numérique". En cela, "la France sera pionnière. Elle agira pour entraîner ses partenaires européens dans la voie de la construction de l'Europe industrielle".

Précisément, en matière européenne, Jacques Chirac a confirmé qu'il comptait prendre "rapidement" des initiatives "pour relancer la construction de l'Europe" en panne après le non au référendum. "L'Europe est essentielle pour notre avenir. Avec tous nos partenaires, nous avons trouvé un bon accord sur le budget européen mais il faut à l'Europe des institutions plus démocratiques, plus stables, plus efficaces", a-t-il dit. "On ne peut pas attendre. C'est pourquoi, je prendrai rapidement des initiatives pour relancer la construction de l'Europe politique, de l'Europe sociale, de l'Europe des projets".

Photo d'ouverture : Jacques Chirac, lors de ses voeux, samedi soir - DR

le 31 décembre 2005 à 17:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Galoupin de villezeau, le 31/12/2005 à 12h19

    En 10 ans, quel bilan politique ! 1 En refusant de répondre à la convocation de ses juges, il a décridibilisé la fonction de président de la république. 2 Avril 2002, JM Le Pen est au 2° tour de la présidentielle. 3 Mai 2005, la France dit non à la consitution européenne. 4 Novembre 2005, les banlieues sont en émeutes. Ne parlons même pas de la situation économique de la France (il vient de découvrir à 73 ans que nous étions endettés). Que dire de plus. Nous sommes tous responsables d'avoir élu puis réélu M Chirac. Si M Chirac était un véritable homme d'Etat, la seule décision constructive et républicaine qu'il devrait annoncer serait sa démission. Et dire que sa seule préoccupation reste d'essayer de mettre sur orbite présidentielle son dauphin alors que la France est en lambeaux.

  • Saz, le 31/12/2005 à 11h37

    Il a totalement raison de réaffirmer son autorité, surtout ne pas laisser le chemin à quelques "pauvres" ambitieux mais mal dans leur peau. C'est lui le président de la République mais ce n'est ni Hollande, ni De Villepin et encore moins Sarko qui ne sait que dire du mal à notre Président de la République.

  • Choupinet, le 31/12/2005 à 11h23

    Bonne Année et meilleurs voeux à Monsieur le Président de la République. Mais de grâce, quittez cette présidence que vous ne maitrisez plus. Sortez pour une fois avec panache !

  • Xyz, le 31/12/2005 à 11h12

    As-il encore une quelconque autorité?A quelques mois d'une échéance présidentielle il serait temps qu'il se réveille....

  • Skal, le 31/12/2005 à 11h09

    Quelle belle victoire sur le chômage avec la création en masse d'emplois précaires (Peut-être même pires que les emplois-jeunes créés par les socialistes...) Allez va, vivement 2007. Bonne année tout le monde.

  • Marylène, le 31/12/2005 à 10h30

    Ben tant qu'il y crois, çà fait du bien qu'à lui. Vivement 2007 !

  • Doudou, le 31/12/2005 à 10h10

    Eh ben ! ce pauvre Chirac a du pain sur la planche pour 2006 ! Réaffirmer son autorité ?! Mais quand en a t'il eu ? je dois avouer que j'ai du mal a m'en souvenir !

  • Simon, le 31/12/2005 à 10h09

    Je crois que Mr CHIRAC est très abattu et n'a plus la "gnaque" comme autrefois. Quand on vieillit on est en décalage avec une grande partie de la société, c'est logique. Laissons le terminer son mandat et profitons de son expérience aussi sur le terrain international où il a davantage d'aura aujourd'hui. Bonne année !!

  • Vastre, le 31/12/2005 à 07h51

    Après une année aussi calamiteuse pour lui, l'exercice traditionnel des voeux est sans doute une épreuve. Mais c'est l'avant-dernière.

Lire tous les commentaires

      logAudience