
Comme l'a révélé le Journal du Dimanche, il est arrivé seul au commissariat. L'élève qui a porté vendredi trois coups de couteau à une enseignante d'Etampes (Essonne) s'est rendu à la police samedi soir. Le lycéen de 18 ans a reconnu l'agression de l'enseignante. Placé en garde à vue, il sera déféré devant le parquet d'Evry qui a ouvert une information judiciaire pour tentative d'homicide lundi en début d'après-midi.
Le jeune homme, vexé d'avoir déjà été exclu pour une semaine de l'établissement, n'a pas supporté des réflexions de sa mère après le conseil de classe, selon la même source qui le décrit comme "renfermé" et "taciturne".
Pas de "rancoeur particulière"
"Il est manifestement dans un état dépressif profond, motivé par ses problèmes familiaux et son échec scolaire", a déclaré son avocat Me Christophe Gouget, affirmant que "le jour des faits, il comptait se suicider avec le couteau". Il n'avait pas de "rancoeur particulière contre l'enseignante" et exprime "des regrets", a-t-il ajouté.
Vendredi matin pendant un cours, il avait poignardé à trois reprises sa professeure principale, avant de prendre la fuite. Il aurait ensuite erré à Evry et à Grigny où il serait resté chez un ami, mais, faute d'argent et se sachant poursuivi, a décidé de se rendre, suivant les conseils donnés au téléphone par son avocat.
Plainte contre l'Education
Blessée au ventre, au coude et à l'épaule droite, l'enseignante en arts plastiques de 27 ans était toujours hospitalisée à Etampes lundi matin. Après avoir été opérée, cette mère de deux petites filles est sortie du service de réanimation. Devant l'hôpital, son époux, très ému, a décrit dimanche son "sentiment de révolte". Il a expliqué qu'il arrivait à sa femme "de rentrer en pleurs" le soir, évoquant des menaces de "viol et de meurtre".
"C'est un problème qui durait depuis longtemps", a-t-il déclaré, sans préciser qui proférait ces menaces. L'avocat de la victime étudie la possibilité de mettre en cause la responsabilité de l'Etat, s'il s'avérait que l'enseignante avait alerté sa hiérarchie et que celle-ci avait "pêché par abstention". Les enseignants du lycée professionnel comptent exercer à la rentrée de janvier leur "droit de retrait", qui permet aux professeurs de ne pas faire cours si leur intégrité physique est menacée.
D'après AFP
Photo d'ouverture : le lycée Louis-Blériot d'Etampes, où une enseignante a été agressée par un élève - DR
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