Greenpeace repart à l'assaut du Clemenceau

le 23 décembre 2005 à 17h25 , mis à jour le 24 décembre 2005 à 13h22

Le ministère de la Défense prévoit de faire remorquer l'ancien porte-avions dès les prochains jours vers le chantier naval d'Alang, en Inde, pour achever son désamiantage et le démanteler. Greenpeace annonce un nouveau recours pour empêcher son départ.

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Les écologistes maintiennent la pression pour tenter d'empêcher le départ du Clemenceau vers l'Inde où le désamiantage de l'ancien porte-avions doit être achevé et le navire démantelé. Ils ont annoncé vendredi qu'ils déposeraient un nouveau recours en urgence pour bloquer l'ancien fleuron de la marine française, actuellement amarré à Toulon. Au même moment, le porte-parole du ministère de la Défense, Jean-François Bureau, a confirmé que le bâtiment commencerait à être remorqué vers le chantier naval d'Alang en Inde "dans les prochains jours" et que "les modalités pratiques étaient en train de se mettre en place".

Greenpeace est engagé depuis février avec d'autres associations, notamment Ban Asbestos (Eliminer l'amiante), l'Andeva (Association nationale des victimes de l'amiante) et le Comité anti-amiante Jussieu, dans une saga judiciaire contre l'Etat pour obtenir que le Clemenceau soit complètement désamianté avant de partir à la casse. Après l'échec d'un premier référé début mars devant la justice administrative, elles se sont tournées vers les tribunaux judiciaires qui se sont déclarés incompétents dans un dossier à caractère militaire, avant de retenter leur chance devant le tribunal administratif de Paris en référé (procédure d'urgence). "La situation a complètement changé", explique une porte-parole de Ban Asbestos, Annie Thébaud-Mony. "On est désormais face à une décision du premier ministre Dominique de Villepin alors qu'en mars la décision n'avait pas encore été prise et qu'on s'appuyait seulement sur un contrat" prévoyant le désamiantage du bâtiment en Inde.

Un Clemenceau miniature devant l'ambassade de l'Inde

La relance judiciaire annoncée s'est accompagnée d'une nouvelle action militante de Greenpeace. Des activistes du réseau écologiste ont déposé vendredi après-midi une réplique du Clemenceau devant l'ambassade de l'Inde à Paris. Ils ont fait remettre une lettre à l'ambassadeur exposant les positions des associations. Dix jours plus tôt, plusieurs militants de Greenpeace avaient réussi à aborder le navire dans la rade de Toulon. Les ONG sont reparties à l'offensive après que deux d'entre elles, Ban Asbestos et Andeva, eurent été reçues séparément vendredi par le cabinet du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie.

"Nous avons apporté les informations sur la façon dont les choses vont se passer maintenant, l'entretien a été tout à fait détendu", a déclaré aux journalistes Jean-François Bureau après l'entretien d'une heure et quart accordé à Ban Asbestos. "Nous sommes arrivés à un constat de désaccord et à partir de là nous poursuivons notre action en justice avec le dépôt d'un référé le plus tôt possible", a indiqué pour sa part Mme Thébaud-Mony. Le conflit se focalise sur les quantités d'amiante encore présentes sur le navire, "entre 140 et 180 tonnes", selon Mme Thébaud-Mony, quelques dizaines de tonnes seulement après le désamiantage déjà mené à bien de 115 tonnes, selon le gouvernement. Il est impossible de désamianter totalement le bateau en France, cela "porterait atteinte à la flottaison du bateau" qui ne pourrait plus être remorqué, a répété Jean-François Bureau.

Derrière cette querelle, se cache un conflit plus fondamental d'interprétation d'un accord international de 1999, ratifié par la France, la Convention de Bâle limitant les exportations de déchets dangereux. Le Clemenceau, en tant que bâtiment de guerre, "n'est pas un déchet", argumente le porte-parole du ministère de la Défense. "Dès lors qu'un navire doit être démantelé, il passe dans la catégorie des déchets et ses structures, s'il s'agit de déchets dangereux, sont visées par la Convention", réplique Mme Thébaud-Mony.

Photo d'ouverture : le Clemenceau - archives

le 23 décembre 2005 à 17:25
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1 Commentaires

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  • Sedillot, le 24/12/2005 à 06h46

    Je considère que Greenpeace pourrait dépenser son énergie à de meilleures causes telles que la défense des forêts primaires amazoniennes ou indonésiennes car il y va de la survie de l'humanité. Dans le cas précis du Clémenceau c'est dérisoire car le bateau sera de toute façon désamianté que ce soit en France ou en Inde.

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