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Loi 1905 sur la laïcité : louanges et divergences des politiques


le 09 décembre 2005 à 08h36
Temps de lecture
3min
nicolas sarkozy
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SociétéLa classe politique est unanime à chanter les louanges de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat. Reste un point de divergence, la question de son éventuel "toilettage", notamment pour répondre aux défis posés par l'islam.

Cent ans après sa promulgation, la loi fondatrice de la laïcité française est l'objet d'un consensus que sa genèse et les premiers temps de son application, extrêmement conflictuels, ne laissaient pas présager. A l'image du président Jacques Chirac pour qui elle est un "pilier du temple", elle constitue aux yeux du Premier ministre Dominique de Villepin "l'un des piliers de notre pacte républicain". Le secrétaire national du PS à la laïcité, Jean Glavany, salue dans une déclaration à l'AFP "une des grandes lois républicaines", qui définit "le vivre-ensemble dans le respect des différences". André Rossinot, président du Parti radical (associé à l'UMP) vante "une loi de liberté, garantissant la liberté de conscience et de culte", et rappelle que c'est le parti radical de l'époque qui s'est battu pour cette loi. Jean-Michel Baylet (Parti radical de gauche), se félicite que, grâce à ce texte, "la France vive désormais avec ses églises dans un climat de tolérance". Pour Patrice Cohen-Seat (PCF), la loi de 1905 "fonde l'égalité des citoyens".

Sarkozy souhaite un "toilettage"

Mais cette unanimité se fissure sur la question d'un possible "toilettage" de la loi, relancée par des initiatives du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui veut répondre au manque de lieux de culte pour l'islam. Quasiment absente en 1905, c'est aujourd'hui la deuxième religion de France. Se disant défenseur de la loi de 1905, le ministre de l'Intérieur suggère que l'Etat puisse contribuer au financement de la construction de mosquées, ce que la loi interdit, et a nommé une Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics. L'annonce de cette commission a entraîné immédiatement une riposte de Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Pour eux, la loi de 1905 est intouchable et les solutions aux problèmes posés par l'islam devaient être trouvées dans ce cadre. Un sentiment très largement partagé.

Ouvrir ou pas la boîte de Pandore

"Ouvrir la boîte de Pandore de la révision de la loi de 1905 est inutile et même dangereux", assure Jean Glavany, qui met en garde contre les "groupes fondamentalistes". "Les collectivités locales ont les moyens d'aider à financer la construction de mosquées", ajoute le socialiste, grâce notamment à la mise à disposition de terrains avec des baux emphytéotiques (de longue durée) et des garanties d'emprunts. Le député-maire d'Evry Manuel Valls (PS) se déclare cependant, comme Nicolas Sarkozy, "partisan de l'argent public pour la construction des mosquées", plutôt que de voir "l'argent affluer de l'étranger". "Vous ne trouverez aujourd'hui aucune majorité pour changer les principes de la laïcité", prévient toutefois André Rossinot. "L'Etat doit intervenir pour garantir la liberté de culte, mais le financement doit rester privé", affirme de son côté Jean-Michel Baylet.

Quant au président (UMP) de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, il souhaite, dans un entretien au Figaro de lundi, que l'on ne rouvre pas "des crises qui sont latentes, surtout compte tenu du fait que la désespérance pousse certains vers le spiritualisme". Patrice Cohen-Seat (PCF) exclut une révision de la loi et dénonce "un débat qui tend à remettre en cause la laïcité en poussant à une 'communautarisation' de la société". Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, condamne des initiatives gouvernementales qui feront de l'islam "sinon la religion officielle, du moins la religion que l'Etat suit, protège et entretient".

(Photo : Nicolas Sarkozy - Archives)

Commenter cet article

  • Gilles : Non Sarko tu vas trop loin.Tu disais au journal de la 3 qu'il fallait arrêter de s'excuser de l'histoire et maintenant il faut changer la loi de 1905 pour permettre la construction d'autres mosquées. A létranger est ce qu'on nous aide à construire des églises?NON. Et depuis quand l'état doit s'occuper d'affaires touchants le culte? 1905 Séparation de l'église et de l'état. Pourquoi revenir sur cette loi? pour brosser dans le sens du poil l'islame?

    Le 09/12/2005 à 11h24
  • Jean : Si le toilettage consiste uniquement à reconnaitre la religion islamique je ne vois pas pourquoi les socialistes sont contre? Ce n'est pas la construction de mosquée qui sucite les violences de l'intégrisme et du terrorisme

    Le 09/12/2005 à 11h05
  • Jean : Je suis d'accord avec Zarkosy quand il dit que l'état devrait aider au financement des mosquées. En premier lieu car cela nous eviterait d'avoir des mosquées financées par des fondamentalistes Saoudiens ou Iraniens et en plus parce qu'il ne faut pas oublier que nos églises ont été pour la plupart érigées avec des fonds de l'état, que ce soit sous un régime monarchiste ou aprés la révolution. Il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures y compris dans l'application de la loi.

    Le 09/12/2005 à 11h04
  • Dom : Le toilettage selon Nicolas Sarkozy se fait-il au Kaercher? Je ne vois pas pourquoi il faudrait toucher à cette loi? Elle stipule que république et religion doivent être séparées? Qu'y aurait-il à ajouter?

    Le 09/12/2005 à 11h03
  • Bigtohe : En france,pendant plus de 1900 ans, l'église et l'état étaient intimement lié (avec les dérives que l'histoire nous enseigne). Une loi, au nom de la liberté, a défini le rôle, les droites et les devoirs de l'état et des "églises". Aujourd'hui, au nom de la liberté , Monsieur S... ministre de l'interieur veut revenir sur cette loi. Monsieur S... veut gagné un nouvel électora pour 2007, et rien de plus simple que de faire miroiter une modification de la loi... NON , il ne faut pas toucher à cette loi, mais simplement donner les mêmes droite à la culture :et dans culture, il y a culte.

    Le 09/12/2005 à 10h37
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