Poignardée en plein cours pour des remontrances

le 16 décembre 2005 à 15h05 , mis à jour le 17 décembre 2005 à 11h33

L'enseignante d'Etampes poignardée vendredi par un lycéen est toujours hospitalisée. Selon des témoins, l'agresseur avait annoncé ses intentions une heure avant le cours. Il aurait voulu se venger pour des remarques sur son indiscipline. Gilles de Robien a dénoncé "un acte inqualifiable".

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Une enseignante d'arts plastiques de 27 ans a été poignardée en pleine classe par un de ses élèves vendredi matin, veille du départ des vacances de Noël, au lycée professionnel Louis-Blériot à Etampes. Blessée de trois coups de couteau, au ventre, au coude et à l'épaule droite, elle a été transportée à l'hôpital d'Etampes et opérée. Elle a été placée en réanimation vendredi après-midi mais ses jours ne seraient pas en danger. Selon des premiers éléments d'enquête fournis de sources judiciaire, auprès du ministère de l'Education nationale et du rectorat, l'agresseur présumé est un élève de l'établissement âgé de 18 ans et l'enseignante agressée était son professeur principal. Elle a été attaquée sous les yeux de ses élèves et du délégué de classe Sofiane, qui a décrit à la presse l'agression.

 "C'était un coup prémédité. Je l'avais déjà croisé en début de semaine avec un couteau de cuisine large comme ça. Ce matin, il était très nerveux. A la récré de 10 heures une heure avant le cours, il a dit qu'il préparait quelque chose, mais on ne l'a pas cru", a expliqué Sofiane, 17 ans. Ensuite, en cours, "ça s'est passé très vite", a-t-il raconté. "Il est arrivé avec son bonnet sur la tête et sa veste. L'enseignante lui a demandé de se tenir convenablement. Ils ont commencé à s'énerver, il y avait un problème entre eux déjà, une question d'appréciation sur son bulletin de notes. Ça criait, il s'est levé, il a sorti un poignard de sa ceinture, tout le monde a couru", a relaté l'adolescent. "J'ai vu le sang qui giclait partout sur la table (...) mais je suis resté avec un pote. Il était agressif, il m'a touché avec le manche de son couteau et puis il s'est sauvé, il a sauté le mur d'enceinte et il est parti", a encore dit Sofiane.

Un "petit établissement sans problèmes particuliers"

Gilles de Robien a assuré les enseignants
de "la solidarité de l'Education nationale"

L'agresseur semble avoir agi par vengeance après des "remontrances" pour son indiscipline, estimait-on vendredi au rectorat de Versailles. "Dans les jours précédents, l'enseignante qui était le professeur principal de cette classe de BEP vente-actions marchandes, lui aurait fait une remontrance parce qu'il portait un bonnet en cours et n'avait pas ses affaires de classe", a-t-on précisé au rectorat dont dépend le lycée Louis-Blériot. Comme "il y avait différents problèmes de discipline" avec ce jeune homme de 18 ans, "sa mère avait vu hier (NDLR: jeudi) le professeur, au titre de professeur principal. Le soir, la mère aurait fait des remontrances à son fils. Il les aurait mal acceptées et il aurait cherché à se venger".

Affectée depuis 2001 dans "ce petit établissement sans problèmes particuliers", l'enseignante était qualifiée de "très dynamique, sans aucune histoire", selon le rectorat. Immédiatement après l'agression, une cellule d'aide psychologique pour les élèves de cette classe a été mise en place jusqu'à l'arrivée des parents qui ont été appelés afin que les jeunes ne rentrent pas seuls chez eux.

Gilles de Robien est arrivé sur place peu après 16H. "Ce sont des faits gravissimes, j'ai rencontré une équipe soudée et responsable prête à relever le défi face à un acte inqualifiable", a dit le ministre de l'Education nationale à la presse, à l'issue d'une rencontre privée de près d'une heure trente avec le proviseur Catherine Kapfer, les enseignants et le personnel éducatif. "L'équipe éducative peut compter sur la solidarité de l'Education nationale", a-t-il ajouté. La FIDL a exprimé vendredi soir dans un communiqué sa solidarité à l'enseignante, alors que le PS s'est dit "choqué par l'agression sauvage" de ce jeune professeur. La Fédération indépendante et démocratique lycéenne a également exprimé sa solidarité "aux lycéens, témoins de cette agression scandaleuse".

Photo d'ouverture : le lycée Louis-Blériot d'Etampes, où une enseignante a été agressée par un élève - DR

le 16 décembre 2005 à 15:05
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11 Commentaires

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  • Rachid, le 17/12/2005 à 10h37

    Je souhaite un bon retablissement a l'enseigante.

  • Citoyen, le 17/12/2005 à 04h45

    Peine de prison de 20 ou 30 ans, suppression de toutes prestations sociales pour la famille et bien sur punir les complices (tous les gens qui savaient et qui n'ont rien fait).

  • M, le 16/12/2005 à 17h26

    C'est malheureux et en même temps il est très étonnant que ça n'arrive pas tout les jours. Une de mes connaissances prof d'anglais reçoit des menaces régulièrement et la seule chose qui a été fait c'est de lui dire de ne pas se déplacer seule dans l'établissement !!!! Il faudrait peut être penser à faire quelque chose et à EDUQUER l'ensemble des intervenants : parents, profs, élèves, responsables,... La société française en fait, et ré apprendre le respect d'autrui ...

  • Vinz93, le 16/12/2005 à 17h14

    Certains ont vraiment des problemes psychologiques pour agir de la sorte pour des faits si peu important (convocation de la mere). Cela dit, pourquoi faire des generalités en parlant "des jeunes d'aujourd'hui", madame?

  • Emilie, le 16/12/2005 à 16h45

    Au delà du crime, je suis pressée de voir le verdict de cette affaire s'il retrouve le garçon...car je suis sûr qu'il ne lui arrivera rien...à part quelques mois de prison avec suris...c'est ça la justice française.

  • Christophe, le 16/12/2005 à 16h32

    On mesure la vertigineuse régression morale et intellectuelle de notre pays à travers ce genre d'agissements. Il fallait interdire d'interdire, disaient quelques imbéciles en 68, puis le laxisme socialiste depuis 25 ans, le manque de respect des parents, des professeurs, l'absence de discipline, l'excuse de tout et de n'importe quoi, et on finit précisement par laisser faire n'importe quoi. On nous avait promis le changement en 81, on a été servi.

  • Emilie, le 16/12/2005 à 16h31

    Ne pas non plus faire de généralités. J'ai 18 ans, je suis jeune et alors? IL y a aussi des adultes qui agissent de la sorte...

  • XXX, le 16/12/2005 à 16h26

    Je ne comprend vraiment pas ce qui se passe la vie etai bien plus belle autrefois .Quand mon Grand pere me parle de son passé on ne ressent que du bonheur de ses paroles .Que va t'on pouvoir racontée nous les jeunes a nos peti enfant ??? Pourquoi tant de violence ?

  • Parents indignés, le 16/12/2005 à 16h21

    Mais dans quel monde vivons-nous? Tous ces jeunes qui ne respectent plus personne, plus rien. Ce qui arrive à cette enseignante est dramatique. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et l'assurons, ainsi que tout le corps enseignant, de notre soutien.

  • Faroudi, le 16/12/2005 à 16h07

    C est vraiment horrible qu au jour d aujourd'hui les enseignants ne puisse plus dire qu ils font un metier qu ils aiment car depuis un moments ils se levent avec la peur au ventre en se demendant que va t il nous arriver? va t on se faire agresser?... moi je dis que c est une situation intolerable et que quitte a employer les grands moyens faut le faire pour la securite de tous et qui c est si cette situation perdure peut etre qu il n y aura plus personne qui voudra transmettre son savoir acquis.....

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