
Une enseignante d'arts plastiques de 27 ans a été poignardée en pleine classe par un de ses élèves vendredi matin, veille du départ des vacances de Noël, au lycée professionnel Louis-Blériot à Etampes. Blessée de trois coups de couteau, au ventre, au coude et à l'épaule droite, elle a été transportée à l'hôpital d'Etampes et opérée. Elle a été placée en réanimation vendredi après-midi mais ses jours ne seraient pas en danger. Selon des premiers éléments d'enquête fournis de sources judiciaire, auprès du ministère de l'Education nationale et du rectorat, l'agresseur présumé est un élève de l'établissement âgé de 18 ans et l'enseignante agressée était son professeur principal. Elle a été attaquée sous les yeux de ses élèves et du délégué de classe Sofiane, qui a décrit à la presse l'agression.
"C'était un coup prémédité. Je l'avais déjà croisé en début de semaine avec un couteau de cuisine large comme ça. Ce matin, il était très nerveux. A la récré de 10 heures une heure avant le cours, il a dit qu'il préparait quelque chose, mais on ne l'a pas cru", a expliqué Sofiane, 17 ans. Ensuite, en cours, "ça s'est passé très vite", a-t-il raconté. "Il est arrivé avec son bonnet sur la tête et sa veste. L'enseignante lui a demandé de se tenir convenablement. Ils ont commencé à s'énerver, il y avait un problème entre eux déjà, une question d'appréciation sur son bulletin de notes. Ça criait, il s'est levé, il a sorti un poignard de sa ceinture, tout le monde a couru", a relaté l'adolescent. "J'ai vu le sang qui giclait partout sur la table (...) mais je suis resté avec un pote. Il était agressif, il m'a touché avec le manche de son couteau et puis il s'est sauvé, il a sauté le mur d'enceinte et il est parti", a encore dit Sofiane.
Un "petit établissement sans problèmes particuliers"
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| Gilles de Robien a assuré les enseignants de "la solidarité de l'Education nationale" |
L'agresseur semble avoir agi par vengeance après des "remontrances" pour son indiscipline, estimait-on vendredi au rectorat de Versailles. "Dans les jours précédents, l'enseignante qui était le professeur principal de cette classe de BEP vente-actions marchandes, lui aurait fait une remontrance parce qu'il portait un bonnet en cours et n'avait pas ses affaires de classe", a-t-on précisé au rectorat dont dépend le lycée Louis-Blériot. Comme "il y avait différents problèmes de discipline" avec ce jeune homme de 18 ans, "sa mère avait vu hier (NDLR: jeudi) le professeur, au titre de professeur principal. Le soir, la mère aurait fait des remontrances à son fils. Il les aurait mal acceptées et il aurait cherché à se venger".
Affectée depuis 2001 dans "ce petit établissement sans problèmes particuliers", l'enseignante était qualifiée de "très dynamique, sans aucune histoire", selon le rectorat. Immédiatement après l'agression, une cellule d'aide psychologique pour les élèves de cette classe a été mise en place jusqu'à l'arrivée des parents qui ont été appelés afin que les jeunes ne rentrent pas seuls chez eux.
Gilles de Robien est arrivé sur place peu après 16H. "Ce sont des faits gravissimes, j'ai rencontré une équipe soudée et responsable prête à relever le défi face à un acte inqualifiable", a dit le ministre de l'Education nationale à la presse, à l'issue d'une rencontre privée de près d'une heure trente avec le proviseur Catherine Kapfer, les enseignants et le personnel éducatif. "L'équipe éducative peut compter sur la solidarité de l'Education nationale", a-t-il ajouté. La FIDL a exprimé vendredi soir dans un communiqué sa solidarité à l'enseignante, alors que le PS s'est dit "choqué par l'agression sauvage" de ce jeune professeur. La Fédération indépendante et démocratique lycéenne a également exprimé sa solidarité "aux lycéens, témoins de cette agression scandaleuse".
Photo d'ouverture : le lycée Louis-Blériot d'Etampes, où une enseignante a été agressée par un élève - DR
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