La prof d'Etampes se sentait bien menacée

le 29 décembre 2005 à 12h50 , mis à jour le 29 décembre 2005 à 21h41

Le 16 décembre, Karen Montet-Toutain, enseignante d'Etampes, était poignardée en plein cours par un lycéen. Dix jours plus tôt, elle avait envoyé un mail d'alerte à sa hiérarchie : "Je ne me sens plus en sécurité". Un appel qui n'aura pas empêché l'agression.

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L'agression, à la mi-décembre, d'une enseignante d'Etampes poignardée en plein cours par un lycéen, continue à soulever des questions. Comment en est-on arrivé à ce déchaînement de violence dans une salle de classe d'un lycée qui n'était jusqu'alors pas considéré comme particulièrement "dur" ? Un mail que cette professeure d'Arts plastiques, Karen Montet-Toutain, avait envoyé à sa hiérarchie le 6 décembre, soit dix jours avant son agression, et dont le contenu a été publié ce jeudi par plusieurs quotidiens, révèle que l'enseignante craignait déjà pour sa sécurité.

Son mail à l'inspection académique faisait état de "difficultés avec certaines classes, notamment les nouveaux CAP réservés". L'enseignante disait avoir "réellement besoin d'un regard avisé sur (ses) pratiques professionnelles et pédagogiques". "Cela va même jusqu'à des menaces, à mon encontre ou vis à vis de ma famille, j'ai essayé toutes sortes d'activités et d'attitudes avec ces classes et rien ne semble pouvoir améliorer le comportement de ces élèves, ni même peut-être le mien car je ne me sens plus en sécurité", écrivait Karen Montet-Toutain.

Enquête interne

Elle en arrivait à envisager "une réorientation professionnelle" et à demander une intervention : "Pourriez-vous donc me contacter et ou venir au sein de mon établissement pour en parler?". L'inspectrice pédagogique de Mme Montet-Toutain avait bien reçu le mail et rencontré l'enseignante trois jours après sa réception, selon le ministère de l'Education nationale, qui a précisé qu'une enquête interne était toujours en cours et qu'un rapport sera rendu début janvier.

Les enseignants de ce lycée ont récemment déclaré dans un communiqué que "depuis la rentrée 2003, d'importants dysfonctionnement s'accumulent au sein de l'établissement, ce qui explique que l'on en soit arrivé au drame". Karen Montet-Toutain a elle-même porté plainte pour "outrages et menaces" après son agression. La plainte déposée par l'enseignante ne vise pas son agresseur, Kevani Wansale, mais deux autres élèves.

Photo d'ouverture : le lycée d'Etampes où a eu lieu l'agression - DR

le 29 décembre 2005 à 12:50
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11 Commentaires

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  • Fred, le 29/12/2005 à 16h47

    Les profs paient aujourd'hui la propagande gauchiste qu'il nous ont servis en cours ces 30 derniers années.

  • Dalex, le 29/12/2005 à 16h09

    Comment les autorités ont pu laisser ce professeur dans une telle solitude, alors qu'elles savaient? Comme on dit : il faut qu'il arrive un pépin pour réagir!C'est trop tard,je souhaite que la victime s'en sorte avec le moins de traces possibles et lui souhaite ainsi qu'à sa famille de trouver espoir et un meilleur sens à sa vie car l'appréhension de reprendre son travail doit se poser! Un professeur mérite respect, que la sanction soit exemplaire et que ce gamin et sa famille aient des nuits hantées par l'horreur. Je pense qu'à la moindre menace d'un élève envers ses prof ou ses camarades celui-ci finisse devant un juge!

  • Jojo, le 29/12/2005 à 15h42

    Nous, les profs, sommes menacés quotidiennement ... Notre vie devient un enfer !!! Que dire d'autre ? De toutes façons, on s'adresse à des sourds !!!

  • Jobin, le 29/12/2005 à 15h10

    Voila ou l'on arrive apres tant de laxisme dans l'enseignement ...Aujourd'hui on crie au feu! mais la maison est deja brulée , a vous de conclure ...

  • DAN, le 29/12/2005 à 14h54

    J'ai beau regarder 20 ou 30 ans derrière moi, je ne vois pas ce genre de problème à l'école. Approuver le port de casquettes, en classe, ...etc. ce n'est déjà pas un signe de respect!!!! Je pense qu'il faudrait remettre des "uniformes" pour tous les élèves (culottes courtes, jupes...etc). Responsabiliser les parents (pénaliser).

  • Stéphane, le 29/12/2005 à 14h27

    Cette situation n'est hélas pas isolée. Beaucoup d'enseignants font face chaque jour à cette violence quotidienne. Combien d'actes d'agressions physiques et autres, sont mis sous silence par la hiérarchie ou les rectorats, par soucis d'apaisement ? Je peux vous dire que ces violences sont bien réelles et très fréquentes et que les enseignants (dont je fais parti) exercent dans des conditions déplorables...Notre rôle n'a cessé d'évoluer et la place de l'enseignement est hélas bien minoritaire. Comment peut-on enseigner avec des classes de 35 élèves (dont 1/4 a un casier judiciaire) dans une salle pouvant accueillir 28 élèves au max ? Comment transmettre des connaissances alors que l'on passe les deux tiers de notre temps à faire "la police" en classe ? Récemment un élève de notre établissement à introduit une petite bombe artisanale (à base d'acide et d'aluminium); cet acte a bien été "étouffé" par la hiérarchie... Et lorsque j'entends nos supérieurs hiérarchiques, M. le ministre, dirent que l'E.N coute trop chère, qu'il faut augmenter le nombre d'élève par classe, diminuer les moyens donnés aux établissements... je pose de réélles réserves sur l'avenir de l'éducation dans notre pays.

  • Vastre, le 29/12/2005 à 14h21

    Depuis 1968, il est interdit aux éducateurs d'éduquer. Sans aucun pouvoir sur les êtres qu'on confie à sa garde, le système "éducatif" ne peut que démissionner ou être condamné pour avoir imposé son autorité sur des êtres sans défense. On va payer pendant quelques siècles les égarements d'un certain mois de mai.

  • Sebastien, le 29/12/2005 à 14h13

    Quand on est menacé de mort à plusieurs reprises, c'est à la police qu'il faut s'adresser, pas au conseiller principal d'éducation.

  • JULIEN, le 29/12/2005 à 14h12

    Allo Mr Monsieur où êtes vous? on ne vous entend jamais (ou trop tard) quand il y a un grave problème de socièté. Dans une de vos campagnes électorales, vous disiez qu'il fallait respecter les électeurs mais il faudrait d'abord respecter les femmes et les hommes quand ils en expriment le besoin. Une rpof s'est faite poignardée et Monsieur part en vacances se reposer. Mais se reposer de quoi vous ne faites rien C'est honteux, scandaleux

  • Azerty, le 29/12/2005 à 13h52

    Et pourtant, dès le début, les plus hautes autorités, jusqu'au ministre (qui pourtant, avant de parler, avait du prendre attache avec l'accadémie et avec le directeur de cet établissement, ou sinon, c'est un incapable) avaient nié que cette enseignante avait prévenu qu'elle se sentait menacée et qu'elle perdait pied face à des classes ingérables. Encore une fois, ces autorités n'ont rien fait à l'époque et ensuite ont menti

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