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Les rappeurs de Sniper relaxés


le 14 décembre 2005 à 16h24
Temps de lecture
3min
groupe rap sniper

Crédits : INTERNE

SociétéLa cour d'appel de Rouen a considéré que les paroles de la chanson du groupe, "La France", ne pouvaient être considérées comme une incitation à la violence. Le 4 décembre, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait jugé de telles paroles "inadmissibles".

Les rappeurs du groupe Sniper, accusés d'avoir "incité à blesser et tuer les fonctionnaires de police et représentants de l'Etat" en chantant leur tube "La France", ont été relaxés mercredi par la cour d'appel de Rouen. Ils étaient poursuivis sur plainte du ministère de l'Intérieur après un concert qui s'était déroulé sans incident en avril 2004 à Rouen. Ils risquaient jusqu'à cinq ans de prison et 45.000 euros d'amende. Lors du procès en appel, le 19 octobre, l'avocat général avait estimé qu'un "rappel à l'ordre" s'imposait et requis une amende, sans en préciser le montant, le laissant à l'appréciation du tribunal. 

Les paroles de "La France" mises en cause sont : "On n'est pas dupes, en plus on est tous chauds, pour mission exterminer les ministres et les fachos", et "Frères je lance un appel, on est là pour tout niquer, leur laisser des traces et des séquelles avant de crever". Dans son arrêt, la cour a considéré qu'il n'était "pas établi qu'il y ait eu intention d'inciter le public à commettre des actes portant atteinte à l'intégrité de personnes". La cour d'appel a ainsi confirmé le jugement de relaxe prononcé le 15 juin par le tribunal correctionnel de Rouen. 

"Images à ne pas prendre au premier degré"

En première instance, la substitut du procureur de la République avait elle-même demandé la relaxe, estimant qu'avec des paroles chantées devant un public qui les connaît "par coeur", on ne saurait retenir d'"élément intentionnel de provocation susceptible d'inciter un public averti à la violence". Le parquet n'avait alors pas fait appel. Il a été formé ultérieurement par le procureur général de la Cour d'appel de Rouen.

Depuis sa sortie en 1999, le titre "La France" a été entendu par des millions d'auditeurs. Les quatre rappeurs - Riad Selmi, alias "Aketo", Bachir Baccour ("Tunisiano"), Boudjema Machouche ("DJ Boudj") et Karl Appela (Black Renega) - ont parlé d'"images à ne pas prendre au premier degré". Pour eux, la chanson est "un appel à l'aide" et non "un appel au meurtre", même si le rap a des formules violentes.

En novembre, après les émeutes dans les banlieues, des élus avaient mis en cause les groupes de rap dont les textes ont été dénoncés comme des incitations à la haine et à la violence. Le 4 décembre, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait jugé "inadmissibles" certaines phrases de ces groupes. "Nous n'avons pas à les accepter", avait-il dit.

Photo d'ouverture : le groupe de rap Sniper - archives

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