
Les forces de l'ordre ont dispersé dimanche matin les derniers raveurs récalcitrants qui protestaient, en centre-ville de Rennes, contre l'interdiction d'une rave party en marge du festival des Transmusicales. L'évacuation était terminée vers 7H, selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine.
Une centaine de jeunes, dont de nombreux déçus de la rave, souvent fortement alcoolisés et très "agressifs", ont été évacués à l'aide d'un canon à eau et de grenades lacrimogènes, dans un quartier délimité du centre-ville, bien connu des nuits rennaises pour sa forte concentration en bars. Les manifestants ont répliqué en allumant des feux, en montant des barricades et en lançant des projectiles sur les gendarmes mobiles, avant d'être finalement dispersés.
25 blessés dont deux graves
Des raveurs ont affronté pendant une partie de la nuit les forces de l'ordre, lançant cannettes et bouteilles, voire des pavés, sur les gendarmes mobiles, qui ont répliqué par des gaz lacrimogènes. Selon un bilan provisoire, 31 interpellations étaient recensées dimanche matin par la préfecture d'Ille-et-Vilaine, dont 25 au cours de la manifestation samedi, notamment pour jets de projectiles, feux de poubelles ou violence et outrages. Selon la préfecture, 23 personnes ont été blessées parmi les manifestants, dont deux graves, évacués sur le CHU de Rennes. La nature des blessures n'a pas été précisée. Deux blessés légers ont été également comptabilisés parmi les forces de l'ordre.
Certaines rues de Rennes étaient jonchées d'immondices et de verre brisé dimanche matin. De nombreuses poubelles ont été incendiées, au moins 4 voitures ont été dégradées, une dizaine de vitrines ont été brisées, du mobilier urbain a été abîmé, et des pavés arrachés aux trottoirs ont servi de projectiles. Deux abribus ont également été cassés place Saint-Anne, où des jeunes ont fait un feu pour se réchauffer.
Les heurts avaient débuté samedi en milieu d'après-midi alors que plus de 500 jeunes, selon les autorités, s'étaient rassemblés devant la préfecture à l'appel d'un collectif "contre les violences policières". Les "raveurs" entendaient protester contre la décision prise mardi par le préfet de Bretagne, Bernadette Malgorn, d'interdire la rave party, "les conditions minimales de sécurité" n'étaient "pas remplies". Cette rave party devait être organisée par un collectif musical sur un terrain mis à disposition par la mairie de Rennes à la périphérie de la ville. Plusieurs centaines de policiers et gendarmes ont été mobilisés jusqu'à la fin des Transmusicales, dans la nuit de samedi à dimanche.
En décembre 2004, la rave party des "Trans" avait déjà été annulée au dernier moment, également pour des raisons de sécurité. Des milliers de "teufeurs" s'étaient alors rassemblés dans le centre de Rennes, entraînant des heurts avec les forces de l'ordre. Le dernier Teknival s'étant déroulé en Bretagne a été marqué, fin juin, par la mort d'une jeune fille de 18 ans, découverte poignardée aux abords du site.
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