
Les députés ont voté mercredi après-midi, à l'unanimité, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les dysfonctionnements de la justice dans l'affaire de pédophilie d'Outreau. Cette commission, qui comprendra 19 UMP, 8 PS, 2 UDF et 1 PCF, sera convoquée mercredi 14 décembre pour sa première réunion de travail. Le président de l'Assemblée nationale a "souhaité" que la fonction de rapporteur soit confiée à la majorité, "suggérant" le nom de M. Houillon, et celle de président à un membre de l'opposition.
Après les excuses est donc venu le temps des remises en cause.... et des réparations. Les treize acquittés d'Outreau, qui, fait sans précédent, ont été reçus mardi soir à Matignon par Dominique de Villepin après avoir reçu une lettre d'excuses de Jacques Chirac, attendent désormais les indemnisations. L'institution judiciaire, pour sa part, s'apprête à tirer les conséquences du fiasco. "Certaines erreurs judiciaires dans l'histoire de la France ont permis des changements importants et probablement cette affaire d'Outreau sera de celles-là. On ne veut plus recommencer un autre Outreau", a déclaré le ministre de la Justice, Pascal Clément, après la visite des acquittés à Matignon.
"Changer la culture de détention provisoire"
Le ministre de la Justice Pascal Clément, qui annonce des remises en cause profondes, a d'ores et déjà estimé mardi soir que la détention provisoire devait être "l'exception et non plus la règle", lors d'un débat consacré à l'affaire d'Outreau sur France 3/France Info. Douze des treize acquittés de l'affaire de pédophilie d'Outreau ont fait, en effet, de longs mois de détention provisoire, certains jusqu'à trois ans. Il faut "changer la culture qui est aujourd'hui une culture de détention provisoire", a déclaré le ministre, rappelant que "près de 30 % des détenus étaient en attente de leur procès".
Egalement interrogée sur France 3, l'ancienne garde des Sceaux Elisabeth Guigou a aussi appelé à "s'interroger sur l'abus de la détention provisoire". Elle a noté par ailleurs que "les réquisitions du parquet qui ont mis toutes ces personnes innocentes en prison ont été prises sur instruction du Garde des sceaux", qui était à l'époque Dominique Perben. Et elle a souligné qu'il fallait une "collégialité des décisions", et que "les magistrats aient davantage de moyens".
Photo d'ouverture : les acquittés du "deuxième procès d'Outreau" reçus à Matignon - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...



