
Un agriculteur à la retraite a tué sa femme et deux voisins avec une arme de chasse avant de se suicider mercredi matin dans un petit hameau proche de Pruniers (Indre), au coeur de la campagne berrichone, a-t-on appris auprès des pompiers et de la Préfecture. Gérard Thiais, un agriculteur à la retraite de 65 ans, semble avoir d'abord tué deux de ses voisins, M. et Mme Guy Cotillon, agés de 48 et 46 ans, dans leur maison, selon les premiers témoignages recueillis sur place. Il a également blessé grièvement aux jambes leur fils Frédéric, agé de 19 ans.
Le forcené, selon ces témoignages parfois imprécis et contradictoires, se serait ensuite rendu dans la maison de sa belle-mère, âgée de 91 ans, pour y tuer son épouse, âgée d'une soixantaine d'années. Il a ensuite retourné son arme contre lui dans des circonstances encore mal éclaircies : selon certaines sources, il se serait suicidé immédiatement sous les yeux de sa belle-mère, selon un autre témoignage il serait d'abord sorti un moment hors de la maison avant d'y revenir pour se tuer.
"Des gens charmants, dynamiques, sans histoire"
Aucune indication n'a pu être obtenue immédiatement sur les motifs de ce drame, qui s'est déroulé dans un petit hameau d'une demi-douzaine de fermes, isolé au bout d'un chemin, sur la commune de Pruniers, en plein coeur du Berry, à une trentaine de kilomètres à l'est de Châteauroux. Les gendarmes ont indiqué ne pas posséder d'informations sur d'éventuels problèmes familiaux ou de voisinage pouvant expliquer le geste du forcené. "C'était deux familles habitant la commune depuis plusieurs générations, et avec lesquelles il n'y avait jamais eu de problèmes auparavant. C'était des gens sans histoire", a confirmé une employée de la mairie.
Selon la tenancière d'un café à Pruniers, Gérard Thiais et sa femme, employée dans une maison de retraite d'Issoudun, étaient "des gens charmants, dynamiques, sans histoire", tout comme leurs voisins qui ont été tués. Ils possédaient des étangs où ils organisaient régulièrement des parties de pêche, a-t-elle indiqué. "Tout le village est sous le choc", a-t-elle ajouté. Un collègue de Mme Thiais, qui venait de fêter cette semaine son départ à la retraite, a confirmé qu'il s'agissait d'une personne "très appréciée de toute l'équipe médicale". "Nous sommes tous choqués", a-t-il ajouté.
Le procureur de Châteauroux a évoqué, lors d'une conférence de presse, un "acte inexpliqué". Les deux familles n'étaient "pas connues des services de police", a-t-il indiqué. "On ne leur connaissait aucune querelle grave". Frédéric Cotillon, seul témoin oculaire de la tuerie, actuellement hospitalisé à Châteauroux, sera entendu "dans 48 heures", selon l'estimation du procureur. Celui-ci a précisé que la mère de Gérard Thiais et celle de Mme Cotillon, qui se trouvaient dans les deux maisons au moment du drame et ont donné l'alerte, ont été hospitalisées à Châteauroux en état de choc. L'autopsie des corps des victimes aura lieu jeudi, à Limoges.
(Photo : l'un des lieux du drame - DR)
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