© AFPLe bicentenaire de la bataille d'Austerlitz a été célébré vendredi soir, place Vendôme à Paris, lors d'une cérémonie militaire suivie d'un spectacle son et lumière. Cette manifestation, seule cérémonie officielle organisée en France, était présidée par le ministre de la Justice Pascal Clément. Ni le président de la République Jacques Chirac, ni le Premier ministre Dominique de Villepin n'y assistaient.
La cérémonie s'est déroulée en présence d'un bataillon de l'Ecole de Saint-Cyr et des drapeaux et étendards des régiments de l'armée de Terre ayant participé à la bataille en 1805. Etaient notamment présents des régiments d'infanterie, de cuirassiers, de hussards et de chasseurs, rangés au pied de la colonne Vendôme, que Napoléon fit ériger en faisant fondre les canons ennemis pris à Austerlitz.
"MAM" sur place
Le ministre français de la Défense, Michèle Alliot-Marie, s'est, quant à elle, rendue sur le site de la bataille d'Austerlitz, dans l'est de la République tchèque. Après un bref passage sur la butte de Zuran, le ministre s'est recueilli dans la chapelle du monument de "Mohyla Miru", le monument de la Paix, érigé sur la butte de Pratzen (Prace, en tchèque), qui fut l'enjeu des combats les plus acharnés entre la Grande armée et les forces austro-russes le 2 décembre 1805. En sortant du musée situé à proximité, Mme Alliot-Marie a brièvement évoqué "la bataille à l'origine de la mort de 10.000 soldats français et de milliers de soldats de plusieurs pays qui sont aujourd'hui des pays amis au sein de l'Europe".
Le 2 décembre 1805, 71.000 soldats de la Grande armée mirent en déroute en moins de six heures les 91.OOO hommes des forces russe et autrichienne. L'affrontement laissa 19.000 morts et blessés du côté des vaincus, 9.000 en face, sans oublier les prisonniers. La bataille d'Austerlitz est considérée par les experts comme un chef-d'œuvre d'art militaire.
Polémique sur Napoléon : Villepin répond |
Plusieurs députés UMP ont émis des réserves sur la discrétion de la commémoration de la victoire de Napoléon et sur les critiques récentes à l'encontre de l'empereur et de son implication dans l'esclavage. Lionel Lucas a estimé que le débat sur Napoléon était ridicule et que "le comble est atteint avec la tendance bien moderne de la repentance à tout prix ". Jean-Jacques Guillet a présenté au premier ministre une question écrite : "De nombreux Français ont été surpris de constater le manque d'enthousiasme du gouvernement à célébrer le bicentenaire de (...) la victoire de Napoléon 1er à Austerlitz. Cette réserve contraste avec la commémoration de la bataille navale de Trafalgar par le gouvernement britannique." Dominique de Villepin, a déclaré qu'il "assumait toute l'Histoire de notre pays" : " Je crois que nous sommes riches de toutes les épreuves de notre pays, de la capacité que nous avons eue à les surmonter. Nous le savons, il y a plusieurs Napoléon. Le Napoléon d'Austerlitz n'est certainement pas le même que celui d'Erfurt, de la guerre d'Espagne ou de la campagne de Russie. Comprendre les voies du vertige du pouvoir, les voies de l'ivresse de la puissance, c'est important. Il est très important de savoir regarder son histoire en face. C'est un travail qui est nécessaire, c'est celui du citoyen et au premier chef des historiens", a ajouté le chef du gouvernement. Grand amateur de l'épopée napoléonienne, Dominique de Villepin a consacré à Napoléon Ier un ouvrage intitulé "Les Cent jours ou l'esprit de sacrifice". |
(MAM sur le site de la bataille vendredi/AFP/Michal CIZEK)
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